Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                              TOURTENAY   15 septembre 2018

Double commémoration de 2 sites de la résistance : « La Petite Champagne » et « Le Moulin à Eau » dirigée par le maître de cérémonie, le colonel (RC) Jacques Séguin.

Après un rendez-vous au monument aux morts, le public s’est dirigé en convoi automobiles vers le site du « Moulin à eau », lieu de parachutages des postes émetteurs en 1941 où étaient déjà présents les porte-drapeaux. Virginie Daudin, directrice du Centre Régional « Résistance & Liberté » a évoqué le contexte historique tenant en haleine les nombreux élus et représentants d’administration, les habitants de Tourtenay et des communes voisines, les familles de résistants et déportés : Depuis le printemps 1941, le réseau de renseignement de la France libre « Confrérie Notre Dame » (CND) agit en Thouarsais. André Chauvenet et André Colas – respectivement chirurgien et radiologue – protègent et dissimulent dans les services de l’hôpital de Thouars le premier technicien radio de ce réseau en zone occupée. Sa mission : transmettre aux Alliés les renseignements concernant les infrastructures allemandes sur les ports de l’Atlantique et le mouvement des troupes. Dans le même temps, l’équipe réceptionne à l’été 1941, à quatre reprises, des postes-émetteurs et un technicien radio à Tourtenay au lieu-dit « Le moulin à eau » qui sont cachés dans la ferme Touret, toute proche. Puis les 15 lycéens, anciens collégiens de Marie de la Tour d'Auvergne de Thouars primés lors de leur participation au Concours National de la Résistance & de la Déportation ont lu des textes écrits par les résistants Germaine Tillion et Stéphane Hessel. Après le Chant des partisans, le pupitre a été dévoilé par la famille Touret. Madame Edwige Ardrit, Maire de Tourtenay et la Présidente du Conservatoire ont déposé une gerbe commune avant le moment de recueillement suivi par la Marseillaise.

Ensuite, le public s’est dirigé vers le site de « la Petite Champagne » en passant par le lavoir et l’église. Là, Virginie Daudin rappelle les faits historiques : En 1943, ce village entre de nouveau dans l’Histoire. Déployé en Nord Deux-Sèvres, le mouvement de Résistance Organisation civile et militaire (OCM) structure en Thouarsais une équipe clandestine dont la mission est la réception de parachutages de containers d’armes et de munitions. 3,5 tonnes d’armement sont réceptionnées par nuit de clair de lune en juin 1943 et dissimulées dans la cave troglodytique de la ferme Pichot. L’engagement clandestin de ces hommes, pour la libération de la France et la défense des valeurs républicaines, se heurte aux services répressifs allemands. Les équipes thouarsaises du réseau de renseignement CND et du mouvement de résistance OCM sont respectivement démantelées en 1942 et 1943. Arrêtés, déportés dans l’univers concentrationnaire nazi ou exécutés, nombreux seront leurs membres qui périront pour la défense de leurs idéaux. Les jeunes lauréats du Concours National de la Résistance ont ensuite lu le Serment de Buchenwald avant le Chant des Marais. Puis, Françoise  Basty, présidente du Conservatoire, Madame le Maire de Toutenay, Monsieur Jean-Michel Prieur représentant les sénateurs des Deux-Sèvres, Madame Maryline Gelée et monsieur le sous-préfet de Bressuire ont pris respectivement la parole pour honorer les héros de ce village rural et rappeler l’importance du devoir de mémoire tout en saluant la présence des nombreux lycéens. Le pupitre a été dévoilé par la famille Hélier, suivi du dépôt des gerbes et de la minute de silence. L’hymne national clôtura cette cérémonie forte en émotion.

Ces 2 pupitres, tous justes dévoilés répondent à la mission première du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes, celle de valoriser les lieux de mémoire, aidé dans leur conception par le Centre Régional Résistance et Liberté de Thouars.

 Le village rural de TOURTENAY implanté sur une colline dominant la plaine alentour et si paisible recèle des secrets tus pendant de longues années, exprimés succinctement par ces quelques lignes et photos.

Désormais, sur ce territoire aux confins des Deux-Sèvres, du Maine et Loire et de la Vienne, ces pupitres retracent les faits majeurs du réseau de renseignement de la France libre « Confrérie Notre Dame » et du mouvement de Résistance « Organisation Civile et Militaire » (OCM), tels des ponts entre le passé, le présent et l’avenir.

 Ces supports mémoriels mettent en lumière les actions de ces héros de l’ombre. Ainsi, les passants, jeunes élèves, touristes, passionnés de randonnées ou d’histoire, pourront se souvenir de ces hommes qui ont surpassé leur peur et sont restés DEBOUT devant l’ OCCUPANT extrémiste nazi. Ils étaient infimes à résister, mais l’union de toutes ces femmes et ces hommes, connus ou discrets, au niveau national équivaut à 15 divisions d’infanterie comme l’a souligné Dwight David Eisenhower, Général des armées, commandant en chef des Forces Alliées en Europe : c’est donc plus de 375 000 résistants qui ont fait gagner du temps aux alliés estimé à plusieurs mois.Certains de ces résistants ont sacrifié leur vie soit en étant fusillés, soit morts en déportation soit en revenant vivants mais mal en point pour que nous jouissions de cette Liberté si chère à nos yeux et si naturelle aujourd’hui.

 Leur sacrifice nous permet en tant que citoyen Français de vivre en démocratie avec pour devise : Liberté, Egalité et Fraternité. Plus que jamais nous devons vivre et exiger ces valeurs pour combattre le nazisme sous toutes ses formes en Europe et dans le monde. Tel est notre devoir de mémoire pour honorer et respecter leurs actions.

                                                                                                               Françoise Basty

Présidente du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres