Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                            LAGEON,    7 octobre 2018

La cérémonie de Lageon du 7 octobre 2018 commémore le 70ème anniversaire du Mémorial de Lageon et le 75ème anniversaire des arrestations.

Cette cérémonie se déroule sous une pluie battante mais devant un public téméraire et nombreux, en présence du sous-préfet, Monsieur Christophe BURBAUD, de Mathieu HASVALI, représentant Madame la Députée Delphine BATHO, de Monsieur Jean-Michel PRIEUR représentant les sénateurs, de Monsieur Hervé de TALHOUET-ROY, vice-président du Conseil Départemental, de Monsieur Jean-Yann MARTINEAU, maire de Lageon, du Général GUILLOTON commandant l’ENSOA et DMD, des élus, des Présidents des Associations d’Anciens Combattants, Patriotiques et de la mémoire, des porte-drapeaux, des familles de résistants et déportés, des élèves, collégiens et lycéens.

Tout d’abord, deux élèves du Lycée Ernest Pérochon lisent un texte de Georges Semprun « L’écriture ou la vie » sur sa déportation.

Puis le maire de Lageon fait référence à la disparition récente d’Ida Grinspan et son travail de mémoire actif jusqu’à ses derniers jours. Il explique la journée du 17 septembre 2018 où 44 élèves de CE2, CM1 et CM2 du SIVU L’Ajonc et le Roseau ont visité le matin le Centre Régional Résistance & Liberté de Thouars et ont passé l’après-midi à travailler dans le jardin de la Mémoire de Lageon. Il salue le travail des médiatrices culturelles et leur professionnalisme.

Madame Françoise BASTY, Présidente du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes lit son allocution entre le Chant des Partisans et le Chant des Marais interprétés par Madame Dominique BOUTIN-GARCIA accompagnée par l’Union Musicale de Parthenay.

Ensuite, les élèves du SIVU L’Ajonc et le Roseau lisent le poème de Paul Eluard « Liberté, j’écris ton nom ».

Monsieur Christophe BURBAUD, sous préfet de Parthenay évoque « le sacrifice de nos aînés dans une période troublée de notre histoire ». Il insiste sur « la transmission d’un message pour le présent et l’avenir afin d’éclairer la conscience d’homme libre et responsable ; et aussi sur notre devoir envers celles et ceux qui ont subi de terribles souffrances face aux crimes nazis ». Puis, il rend hommage à « Ida GRINSPAN, narratrice infatigable qui nous a récemment quittés ». Et il termine en précisant qu’en l’absence de témoins directs, c’est plus que jamais en nous-mêmes et par nous même que nous devons entretenir la flamme du souvenir. »

A l’issue de cette allocution, les enfants du SIVU déposent des fleurs et ensuite Christian CAILLEAU et Monsieur Jean Noirbusson procèdent à l’appel des morts. Après le dépôt des gerbes, l’assistance respecte la minute de silence puis un militaire de l’ENSOA entame a capella La Marseillaise reprise par les autorités et par le public.


                        LAGEON LE DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018

 

Le 26 septembre 1948, sur le terrain donné par la famille AUGU, le mémorial de Lageon était inauguré. Ce monument était issu de la volonté du maire de Lageon, Raymond PROUTEAU, du secrétaire de mairie et instituteur Pierre MANSON, des résistants Daniel BOUCHET, Roger HELIER et Pierre TURPEAU ainsi que des familles de disparus.

 70 années se sont écoulées, et encore aujourd’hui sans y être invités, vous êtes présents à nos côtés pour honorer les 55 résistants des arrondissements de Parthenay et de Bressuire morts en déportation.

Ils s’appelaient Marie, Raymond, Paul et André et tous se révoltent contre l’Occupant, en refusant son joug.

Ils s’appelaient Henri, Marcel, Didier, Calixte, Constant et Jean-Marie : ils combattent avec leur rage, leur intelligence et leur pugnacité.

Ils s’appelaient Clovis, Abel, Alcide et Joseph : dénoncés, ils sont arrêtés, emprisonnés, interrogés et torturés.

Ils s’appelaient Arsène, Ernest, Casimir, Jacques et René : entassés dans des wagons à bestiaux, sans eau ni nourriture, ils voyagent pendant de longs jours puis découvrent l’horreur des camps de concentration de répression.

Ils s’appelaient Maurice, Jean, Daniel, Eugène et Yves : ils sont humiliés par les nazis et perdent leur identité au profit d’un matricule. Ils supportent la place d’appel avec des heures d’attente interminables, matin et soir pour compter, recompter les déportés : les vivants, les malades et les morts.

Ils s’appelaient Samuel, Kléber, Léon, Aimé et Marius : ils travaillent à la carrière, dans des usines ou encore dans les tunnels sous les coups des kapos, avec dans l’estomac une soupe faible en calories.

Ils s’appelaient Charles, Roger, Gabriel et Achille : ils vivent dans la puanteur du camp due aux odeurs fétides des malades atteints du typhus.

Ils s’appelaient Roland, François, Roger et Robert : ils mourront loin de leurs proches, sans sépulture en pays étranger.

 En rendant hommage à leur courage et à leur engagement au péril de leur vie, nous combattons à notre manière les nazis actuels plus sournois et haineux que jamais.

Ces résistants morts en déportation étaient nos parents, grands-parents, arrières-grands parents, notre famille. Ils nous ont laissé le plus beau des héritages que nous nous devons de faire fructifier : la liberté, l’égalité et la fraternité.   F.Basty