Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                     Saint-Maixent  18 novembre 2017

                              L’hommage rendu à trois résistants

Un hommage a été rendu à trois résistants devant la médiathèque. Charles Coutant, Jean Jamain et Henri Bâtonnier ont désormais leurs noms gravés.

Le 18 novembre est un grand jour. Depuis plusieurs mois tous les organismes concernés (associations ADIR 79 et Conservatoire de la Résistance ainsi que les familles des martyrs et l’association des Ardennais en Deux-Sèvres) n’ont pas ménagé leurs efforts pour les résistants qui ont été distingués comme ils le méritent. Ils seront encore plus présents parmi nous et constituent avec d’autres un groupe de grand Saint-Maixentais. Ce lieu est propice et grâce à la vigilance d’Eugène Faucher, il n’y a aucune erreur. Les cérémonies du futur pourront s’y dérouler, a déclaré le maire Léopold Moreau.
Eugène Faucher a insisté sur ce jour choisi pour se souvenir. « Ce n’est pas par hasard car les 17 et 18 novembre la ville s’est illustrée avec 3.500 Saint-Maixentais réunis pendant deux jours pour accueillir les dépouilles de ces trois valeureux résistants ». En amont la délégation s’était rendue sur les lieux où vivaient ces résistants. Charles Coutant, avenue Wilson, Jean Jamian, rue du Plat-d’Étain et Henri Bâtonnier, rue du Faubourg-Charrault, avant de dévoiler la plaque face à la médiathèque, suivi de dépôts de gerbes sous la plaque des Martyrs. Une plaque financée par un Anglais Thierry Pétrault, professeur d’histoire au lycée, a indiqué en marge de la cérémonie avoir été marqué par « la plaque posée Faubourg-Charrault, qui est assez grande pour être vue par les jeunes qui passent devant la maison en revenant de la gare. C’est un Anglais qui a acheté cette maison et qui a financé cette plaque ». Par ailleurs, un représentant d’association a précisé. « Trois communistes, dont le premier est mort en déportation et les deux autres fusillés, ainsi que Jean Frisch ont fait que par le sang de ces camarades, la France a retrouvé sa liberté . 
Pour Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, « le devoir de la République, c’est partager la justice rendue à la mémoire à ces résistants communistes et des autres. La mémoire de la résistance est importante chaque fois que des idées de haine frappent à notre porte. Dans la résistance il y avait des patriotes. Le combat des résistants et tout ce qu’ils ont fait, ont permis de bâtir une justice sociale.    Photo et texte NR

 

                                                                               Texte lu par la nièce à Henri Bâtonnier

Comment mon oncle Henri Bâtonnier est-il devenu Résistant ?

Le 1er septembre 1943, il apprend que la classe 1943, dont il fait partie, est assujettie au service du travail obligatoire en Allemagne. Un mois plus tard, il quitte définitivement cette maison pour entrer dans la clandestinité. Il aura vingt ans à la fin de l’année.

Plusieurs filières s’offraient aux jeunes Saint-maixentais désirant échapper au service du travail obligatoire. Les unes ouvraient la voie vers une clandestinité contemplative, les autres vers une clandestinité combattante.

En cet automne 1943, aussi bien la radio de Londres que la presse clandestine communiste répandent la conviction qu’un jeune qui part travailler en Allemagne est un mauvais Français.

L’emplacement de cette maison n’est probablement pas étranger à l’intérêt que mon oncle porte à ces mises en garde.

Henri Bâtonnier s’est fiancé avec une voisine dont l’oncle travaille dans la ferme de son grand-père à Champigny-le-Sec, dans la Vienne. Cette ferme recueille les jeunes réfractaires au service du travail obligatoire qui lui sont adressés par les cadres francs-tireurs partisans de la région, Charles Coutant pour le Saint-Maixentais. Mon oncle séjourne en clandestin dans le Saint-Maixentais pendant les trois derniers mois de l’année 1943 et participe à des actions de sabotage de lignes téléphoniques. Il rallie la ferme de Champigny le Sec au tout début de l’année 1944. Les sabotages se font plus nombreux, plus risqués, plus efficaces: déraillements de trains, coups de main sur bâtiments administratifs pour détourner des cartes d’alimentation. Sans doute orienté par une dénonciation, l’ennemi donne l’assaut à la ferme. L’oncle de la fiancée d’Henri meurt sous la torture. Henri est fusillé sur la Butte de Biard le 4 mai 1944, aux côtés de ses deux camarades ardennais Jean Fritsch et Roland Bernier, arrêtés en même temps que lui.

Tel est le parcours que résume par ces mots la plaque qui va être dévoilée sur cette façade : « Ici vécut Henri Bâtonnier, Résistant FTP/FFI, fusillé à 20 ans (Biard, 4 mai 1944) »