Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

                                     Saint-Maixent  18 novembre 2017

 
 

                                                                               Texte lu par la nièce à Henri Bâtonnier

Comment mon oncle Henri Bâtonnier est-il devenu Résistant ?

Le 1er septembre 1943, il apprend que la classe 1943, dont il fait partie, est assujettie au service du travail obligatoire en Allemagne. Un mois plus tard, il quitte définitivement cette maison pour entrer dans la clandestinité. Il aura vingt ans à la fin de l’année.

Plusieurs filières s’offraient aux jeunes Saint-maixentais désirant échapper au service du travail obligatoire. Les unes ouvraient la voie vers une clandestinité contemplative, les autres vers une clandestinité combattante.

En cet automne 1943, aussi bien la radio de Londres que la presse clandestine communiste répandent la conviction qu’un jeune qui part travailler en Allemagne est un mauvais Français.

L’emplacement de cette maison n’est probablement pas étranger à l’intérêt que mon oncle porte à ces mises en garde.

Henri Bâtonnier s’est fiancé avec une voisine dont l’oncle travaille dans la ferme de son grand-père à Champigny-le-Sec, dans la Vienne. Cette ferme recueille les jeunes réfractaires au service du travail obligatoire qui lui sont adressés par les cadres francs-tireurs partisans de la région, Charles Coutant pour le Saint-Maixentais. Mon oncle séjourne en clandestin dans le Saint-Maixentais pendant les trois derniers mois de l’année 1943 et participe à des actions de sabotage de lignes téléphoniques. Il rallie la ferme de Champigny le Sec au tout début de l’année 1944. Les sabotages se font plus nombreux, plus risqués, plus efficaces: déraillements de trains, coups de main sur bâtiments administratifs pour détourner des cartes d’alimentation. Sans doute orienté par une dénonciation, l’ennemi donne l’assaut à la ferme. L’oncle de la fiancée d’Henri meurt sous la torture. Henri est fusillé sur la Butte de Biard le 4 mai 1944, aux côtés de ses deux camarades ardennais Jean Fritsch et Roland Bernier, arrêtés en même temps que lui.

Tel est le parcours que résume par ces mots la plaque qui va être dévoilée sur cette façade : « Ici vécut Henri Bâtonnier, Résistant FTP/FFI, fusillé à 20 ans (Biard, 4 mai 1944) »