Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                            L'OS- 680      Thouars

Le  Parti Communiste Français est interdit en France en septembre 1939 suite à la signature du pacte germano-soviétique en août de la même année. Des organisations spéciales sont crées , elles sont les noyaux embryonnaires des futurs Francs-Tireurs et partisans (FTP) créés en 1942. À l'été 1941, les organisations spéciales deviennent des instruments de la lutte armée. A l'automne 1939, l'industriel Charles Rusz délocalise, par mesure de sécurité, sa production de trains d'atterrissages et ses ouvriers de la région parisienne à Thouars. Réquisitionnée par l'occupant dès l'été 1940, elle fabrique des trains d'atterrissage pour l'industrie d'armement allemande. Quelques-uns des ouvriers parisiens appartenant à l'OS-680 fondent, au cours du premier trimestre 1941, un groupe d'action pour lutter contre l'occupant. Maxime Bacquet, responsable de l'organisation, Jean Brunet, Jean Richet, Edouard Chénier, Joseph et Yves Berthou recrutent clandestinement dans l'usine et dans leurs réseaux familial et amical. Au printemps 1941, 24 hommes et femmes constituent ce groupe. Bien que d'horizons politiques et professionnel divers (cheminots, ouvriers de l'usine, institutrice à la retraite, …), ces jeunes hommes et femmes se réunissent autour d'un même engagement : lutter contre l'occupant et le régime collaborationniste de Vichy. Le groupe subdivisé en unités de quelques membres chacune, s'est mis immédiatement en action, distribution de tracts, récupération d’armes, sabotages. La tentative avortée de sabotage au dépôt SNCF de Thouars en avril 1942 place le groupe OS-680 au centre des investigations de la police judiciaire d'Angers. Plusieurs séries d'arrestations déciment le groupe. Ses membres, incarcérés dans les prisons de Niort, de Saintes et de Poitiers, sont jugés en juillet 1942 à Poitiers par la cour spéciale instituée par le régime de Vichy (loi du 24 août 1941). Les autorités d'occupation jugeant le verdict trop clément, réinstruisent le dossier. Le 24 novembre 1942, le tribunal militaire allemand prononce de très lourdes condamnations. Condamnés à morts, Yves et Joseph Berthou, Jean Brunet, Edouard Chenier, René Drapeau, Marcel Marolleau, Antonin Revairault et Jean Richet sont fusillés  le 3 décembre 1942. Maxime Bacquet, chef du groupe, réussissant à échapper aux arrestations du printemps 1942, est arrêté le 13 juillet 1943 et fusillé à Angers le 13 décembre 1943. Marie Berthou, Roger Gaucher, Paul Lagrue, Jean Noé, Simone Violeau, Germaine Brunet, Simone Thibault, Julienne Wadou, Claire Liné, Robert Sibileau sont déportés dans les prisons allemandes et dans les camps de concentration en Allemagne. À l'exception de Marie Berthou, tous survivent à l'univers concentrationnaire. Mathilde Chaignon, Martial Coutant, Lucien Jourdain, Jean Pouant et André Forestier sont internés puis libérés.

                                    ancien hôpital de Thouars

Dès le printemps 1941, le groupe autonome Chauvenet-Richetta est mis en contact avec le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame. L'hôpital de Thouars abrite clandestinement le premier poste émetteur en service dans les Deux-Sèvres et son technicien radio Bernard Anquetil. Au printemps 1941, Rémy confie à l'organisation thouarsaise la protection du premier poste émetteur en service en Deux-Sèvres : « Cyrano ». Acheminé grâce au consul de France à Madrid, il est installé dans un premier temps au château d'Auboué avec le technicien radio Bernard Anquetil (Lhermitte) sous la protection d'Armand Chudreau, puis déplacé dans le service de radiologie de l'hôpital de Thouars. Depuis une petite pièce attenante à la salle de radiologie du docteur Colas, Lhermitte émet les messages, provenant entre autre de Brest, à la France libre. Grâce aux renseignements transmis par Bernard Anquetil, les cuirassés de la Kriegsmarine Scharnhorst et Gneisenau sont attaqués dans la rade de Brest tandis que le Bismarck est intercepté avant d'atteindre la côte française. Équipées de système goniométrique pour repérer les émissions, les patrouilles allemandes rodent dangereusement autour de l'hôpital de Thouars. Décision est prise de transférer « Cyrano » et Bernard Anquetil à Saumur. Par l'intermédiaire de Jean Decker (oncle de « Rémy »), l'installation se fait d'abord chez Madelin (officier de marine du cadre de réserve) puis dans une maison d'Henri Combes. Repéré par les voitures goniométrique, il est arrêté pendant une émission le 31 juillet 1941. Il réussit à détruire le message et jette par la fenêtre son poste émetteur. Interné à la prison du Pré-Pigeon à Angers, il comparaît devant une cour martiale le 15 octobre 1941. Condamné à mort, il est fusillé le 24 octobre 1941 au Mont-Valérien.

                                           Hôpital de Thouars        André  Chauvenet

 

André Chauvenet est né le 17 janvier 1900 à Bompas. Engagé volontaire en 1918, Démobilisé en Décembre 1919 (Aspirant - Infanterie) lieutenant de réserve. Aussitôt ses études médicales terminées, à la faculté de Bordeaux, il fut nommé à Thouars et devint le premier chirurgien en titre de l’hôpital de Thouars. A. Chauvenet fut l’un des premiers résistants de France. « A partir de mon retour en zone occupée après ma démobilisation (20 sept. 1940) j’ai jeté les bases d’une organisation anti-allemande. Pour cela, j’ai pressenti autour de moi et sur une étendue correspondant d’abord aux limites de ma clientèle, tous ceux que je pensais dans les mêmes sentiments que moi même. J’ai découvert rapidement que Gabriel Richetta, percepteur à Thouars, avait de son côté commencé à créer une organisation paramilitaire. Sans avoir le contact avec Londres, nous avons commencé à établir notre système de renseignements et je me suis mis en quête pour obtenir ce contact. Ce n’a été qu’au début de 1941 que ce contact a été trouvé grâce à mon ami Stan de la Débuterie. De Londres, début mars 1941, nous avons reçu un émissaire avec des instructions, c’était Gilbert Renault dit Rémy sous les ordres de qui nous nous sommes spontanément placés. Nous avons hébergé l’émetteur de Radio Lhermitte qui a travaillé de longs jours durant dans le service médical du Dr Colas à l’hôpital de Thouars, puis chez Chudreau avant que nous l’ayons placé à Saumur par l’entremise de Decker (mort en déportation) où il a été arrêté en plein " travail ". Lhermitte a été exécuté. Il n’a pas parlé. » Arrêté par les Allemands pour faits de résistance, le 25.07.1941 et conduit à Bordeaux, il fut relâché mais arrêté une seconde fois le 21.01.1942. Il passa une journée et demie à Niort puis fut envoyé à Fresnes pendant 9 mois. Le 09.10.1942 il partit pour les prisons de Hinzert, Wittlich, Trèves, Tegel-Berlon, Bauttzen, Dresde, Radenbert, et enfin Buchenwald. Libéré le 06.04.1945, il reprit ses activités professionnelles quelques mois après son retour. En 1955 il quitta Thouars pour s’installer à Bordeaux, puis Draguignan où il termina sa carrière. De son retour de déportation le docteur Chauvenet, laissa un témoignage dans son œuvre : " Une expérience de l’esclavage ", souvenirs d’un résistant poitevin déporté, Editions UPCP, 1989. André Chauvenet est décédé le 02.04.1981à Marseille.


                                           Cimetière de Thouars

                Ici sont inhumés des soldats Polonais tombés en 1940


Le 14 juillet 1948, jour de fête nationale, Square Georges Jougier (en bordure de l’avenue des martyrs de la Résistance) en présence de 1500 personnes, le maire de Thouars inaugure un monument aux morts, hommage aux victimes de la guerre 1939-1945. 62 noms de Thouarsais (victimes civiles, fusillés, morts pour faits de résistance ou disparus) figurent sur ce monument. La sculpture a été réalisée par Marcel Chauvenet. Le socle supporte une statue représentant un homme assis de profil, torse nu. Ses jambes sont à demi allongées, il a la tête baissée. Son bras droit, posé derrière lui, lui sert d’appui, tandis que sa main gauche, tenant un glaive, repose sur son genou gauche. On peut lire une dédicace :

             « Thouars à ses enfants dont le sacrifice a libéré la patrie 1939-1945 »

                                             Square Georges Jougier


Le square Georges Jougier se trouve en face du gymnase du collège Marie de la Tour d'Auvergne et longe l'avenue des martyrs de la Résistance. Sous-chef de gare à Thouars, il faisait partie du groupe O.CM.  De part son emploi, il renseignait la Résistance sur les transports de troupes, de munitions et matériel ainsi que sur les effectifs de l’armée Allemande en stationnement. Il était également responsable des sabotages des enclenchements mécaniques et électriques de la région ferroviaire de Thouars. Georges Jougier participera aux parachutages de Tourtenay les nuits des 14-15 et 16-17 juin 1943 sur le terrain dit de « Petite Champagne » Arrêté le 9 août 1943, il est déporté à Buchenwald du 21 janvier 1944 au 3 juin 1945.


Robert Sibileau est né en 1922. Au moment de la défaite, âgé de 18 ans, il trouve un emploi à l’usine Rusz sur le site de l’orangerie de Château. L’usine fabrique des trains d’atterrissage pour l’armée Allemande. Recruté par un de ses collègues, il devient l’un des acteurs de l’organisation spéciale 680 constituée  autour de Maxime Bacquet qui réunit ouvriers de l’usine, cheminot, institutrice…Ce groupe est constitué de 24 membres. Robert Sibileau participe aux actions de sabotage de l’outil de production et des pièces fabriquées, il diffuse des tracts de propagande.

Arrêté le 5 juin 1942, il est interné dans différentes prisons puis il est transféré à la Pierre-Levée de Poitiers  après jugement du tribunal militaire allemand de la Felkommandantur 677 tenu à Poitiers. Le verdict est rendu le 24 novembre 1942 le jour de ses 20 ans. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Huit de ses camarades sont condamnés à mort et fusillés à Biard le 3 décembre 1942. Classé « NN » c’est à dire «  Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard), Robert Sibileau est déporté le 22 décembre 1942 dans diverses forteresses allemandes avant d’être transféré dans les camps de Rodgau-Diebourg.  Il est affecté dans divers Kommandos, et dans l’un d’entre eux, il devait coller du papier, alors il se nourrissait de colle. Libéré par les Américains le 26 mars 1945, il ne pesait plus que 35 kg. Arrivé à l’hôtel Lutétia, il retrouve la ville de Thouars le 27 avril 1945. Robert Sibileau a poursuivi son engagement  dans diverses associations patriotiques avant de devenir administrateur  au Centre Résistance et Liberté en 1998. Egalement, investi pleinement dans la création du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres, il en occupera la vice-présidence dès 1986. Inlassablement, aux côtés de Gérard Pichot, il transmettra aux jeunes son témoignage en sillonnant les établissements scolaires de la région.

Né à Tourtenay, petit village du Nord des Deux-Sèvres, Gérard Pichot baigne depuis son enfance dans un climat famillial empreint de valeurs humanistes et républicaines. Face à l'occupation allemande, l'engagement dans l'action clandestine lui apparaît comme une évidence. Il rejoint l'Organisation Civile et Militaire début 1943 aux côtés de son père Léonce Pichot, de son beau-père Abel Tounoire, de son beau-frère Jean Hélier et du père de ce dernier, Roger Hélier. Ce groupe familial organise la réception de deux parachutages d'armes à la mi-juin 1943 au lieu-dit "La Petite Champagne" à Tourtenay. Les investigations de la police allemande conduisent à l'arrestation de la plupart des membres du groupe le 9 août 1943. Gérard, absent de la ferme ce jour-là, est arrêté le 19 août par la Gestapo. puis il est déporté à Buchenwald le 24 janvier 1944 où il reste jusqu'au 10 novembre 1944, date de son départ pour Dora. À son retour de déportation, la priorité est de se reconstruire. Jusque dans les années 1980, Gérard réservera sa parole aux membres de sa famille. Il se consacre au mutualisme au sein de la mutuelle sociale agricole, du Crédit Agricole. Il  s'investit dans la vie de sa commune en tant que conseiller municipal puis de maire pendant de nombreuses années. Gérard Pichot s'associe à d'autres camarades résistants et déportés pour créer à Thouars le Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes en 1986. L'action se tourne bien évidemment vers la jeunesse. Gérard Pichot témoigne aux côtés de son ami Robert Sibileau dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les futures générations aux valeurs défendues par la Résistance. En 1999, le Conservatoire crée le Centre Régional "Résistance & Liberté", espace de réflexion destiné à la transmission de l'histoire et des valeurs de la Résistance.

Médecin deux-sévrien, il rejoint la lutte clandestine dès 1941 au sein du réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame puis du mouvement Organisation Civile et Militaire. Maire de Saint-Loup-sur-Thouet de juin 1940 jusqu'à sa démission en mars 1943, le docteur Daniel Bouchet livre un combat quotidien pour protéger ses administrés des exactions commises par les troupes d'occupation. En janvier 1941, il gifle un sous-officier allemand. Il est condamné à mort avant d'être gracié. Homme d'action et de détermination, il s'engage dans la lutte clandestine dès le printemps 1941. Pour le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame puis pour le mouvement Organisation Civile et Militaire, il multiplie les déplacements en Anjou, Touraine et Saintonge. Avec courage et sang-froid, il accomplit des missions de renseignements, organise la réception de parachutages, recrute de nouveaux agents. Arrêté le 9 août 1943, incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, il est condamné à mort le 18 décembre suivant. La sentence est commuée en travaux forcés à perpétuité. Il est déporté dans le camp de concentration de Buchenwald le 24 janvier 1944. Démuni de tout, il s'efforce d'aider, soulager et sauver d'une mort certaine ses camarades déportés au péril de sa propre vie. A son retour à Saint-Loup-sur-Thouet, il poursuit sa carrière de médecin. Conseiller d'arrondissement de 1925 à 1940, il est élu conseiller général de ce canton de 1945 à 1973. Soucieux de la transmission des valeurs de la Résistance aux jeunes générations, il co-fonde le Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes en 1986.

Né le 26 avril 1902 à Faye la Vineuse, André Colas, après de brillantes études s’installe à Thouars comme médecin-radiologiste en 1935. Mobilisé comme infirmier en 1940, il est fait prisonnier à Angoulême puis libéré le 1er juillet de la même année. Dès mars 1941 il prend contact avec le Colonel Rémy et fait partie de ceux qui créent le réseau C.N.D Castille. Il organise des parachutages de poste émetteur radio en juillet et octobre 1941 puis le 6 janvier 1942. Il installe un poste émetteur radio à St Léger de Montbrillais chez sa mère puis à l'hôpital de Thouars dans son propre service chez des amis à une quinzaine de km de Thouars, ensuite à Saumur où son camarade Bernard Anquetil est arrêté. Il exécute au sein du réseau C.N.D Castille tous les micros-films du réseau du 30 mai 1941 au 21 janvier 1942 et par la filière du réseau il les fait passer en Angleterre. Arrêté par la Gestapo avec le Dr Chauvenet le 21 janvier 1942. Il est incarcéré à la prison de la Pierre Levée à Poitiers puis à  Fresnes où il restera pendant 142 jours au secret. Malgré les souffrances endurées il n'avouera jamais et sera remis en liberté faute de preuves. Passé en zone libre, il s'installe à Loches et continu à faire de la résistance active en liaison avec Londres par l'intermédiaire du commissaire de police de cette ville qui sera arrêté et fusillé par les allemands en 1944. Il réussit notamment à camoufler puis à faire partir pour l'Angleterre le Dr Giraud frère du Général Giraud recherché par la Gestapo. De retour à Loudun, il s'occupe de fonder avec quelques amis le Maquis de Scévolles puis le 15 août 1944 prévenu à temps qu'il allait être arrêté, il entre au Maquis et ne retourne à Loudun qu'à la libération. André Colas est décédé le 14 novembre 1964.


Henri Barthélémy est né le 2 Avril 1884 au Longeron (49). Militant à la C.G.T et à la S.F.I.O. Dès 1920 il adhère au Parti Communiste, dont il sera un dirigeant connu à Thouars. En mai 1935, sous-chef de dépôt au dépôt de Thouars, il est élu conseiller municipal. Il est arrêté une première fois le 7 mai 1940 pour distribution de « l’Humanité » clandestine et incarcéré à Poitiers d’où il fut libéré au début de l’occupation allemande. Il est de nouveau arrêté le 20 avril 1941 suite à une décision d’internement administratif prise par le préfet à son encontre et il est interné à Châteaubriant. Suite à une proposition de libération sous condition d’allégeance à Pétain, il aurait refusé en déclarant : « Je suis entré ici la tête haute, j’en sortirai de même ». Il sera fusillé le 22 Octobre 1941 à la Carrière de Châteaubriant avec 26 autres de ses compagnons.

Gabriel Richetta est né le 25 février 1892 à Moulins (03). Mobilisé en 1914, il est affecté à divers régiments, en particulier le 101ème Régiment d'Infanterie. En février 1916 il est à Verdun où il est fait prisonnier. Il s'évade cinq fois, mais est repris à chaque fois et termine en camp de représailles en Allemagne. Il épouse Antoinette Andrée Parret, ils ont trois enfants et sont domiciliés à Thouars 30, rue Denis Papin, il exerce la profession de percepteur à Oiron. Au début d'octobre 1940, Gabriel Richetta s'est mis sous les ordres du docteur Chauvenet, chirurgien à l'hôpital de Thouars. Ses activités de résistance (avant même que le mot ne fut lancé) avaient d'abord consisté dans la récupération d'armes et de munitions. Par la suite elles s'étaient orientées vers le recueil de postes radio émetteurs récepteurs (dont plusieurs avaient été parachutés à Tourtenay), la recherche de renseignements, l'acheminement du courrier, etc. En avril 1941 il est aussi, sous le pseudonyme de Moulins, agent du réseau CND (Confrérie Notre Dame) Après l'arrestation du docteur Chauvenet fin juillet 1941 il poursuit ses activités sous les ordres directs du colonel Rémy. Il est arrêté le 7 mars 1942 sur son lieu de travail par la FeldGendarmerie de Thouars et interné à Angers, puis à la prison de Fresnes. Il est condamné à mort le 1er juin 1942 par le Tribunal Militaire Allemand siégeant à l'Hôtel Continental à Paris. Le 2 juillet 1942 il fait partie des 53 hommes qui sont déportés de Fresnes en Allemagne. Puis il est transféré à la prison de Cologne où il est exécuté le 2 septembre 1942.

                                                   Square Raymond Chessé


En début d’année 1942, le réseau C.N.D. (Confrérie Notre-Dame) implanté par le colonel Rémy dans le nord Deux-Sèvres est démantelé par la police Allemande. Le 21 janvier les Dr Chauvenet et Colas sont arrêtés. Le 10 février Maurice Bonneau est arrêté, il est suivi de Gabriel Richetta le 7 mars et de Raymond Chessé le 11mars. L’abbé Chauvet, Maurice Geslin et Renard sont arrêtés par les Allemands. Après un procès tenu à l’hôtel Continental de Paris, le 1er juin 1942, Raymond Chessé et sept des sept co-inculpés sont condamnés à mort. C’est à la prison de Klingelpeutz, à Cologne, que le 1er septembre 1942, Raymond Chessé, Gabriel Richetta, l’abbé Chauvet et Maurice Geslin sont décapités.  Né En 1920, Raymond Cessé avait 22 ans




                                                            Gare deThouars

On trouve à la gare de Thouars deux plaques commémoratives, à la mémoire des agents S.N.C.F.                                                   Fusillés ou déportés

Leclainche Alexis           Le 21 juin1940, il coupe un câble téléphonique de l’armée Allemande. Arrêté, il est condamné à 10 ans de prison. Il sera déporté, il s’agit en fait du premier acte de résistance dans les Deux-Sèvres. Décédé en Allemagne le 9 mai 1943 à DIEZ.

Mathé Henri                     mouvement O.CM. de Thouars, déporté à Buchenwald, décédé à Gusen le 3/7/1944

Arnault Jean                     NAP-FER,  originaire de Parthenay, déporté le 27/1944 à Auchwitz, décédé le 30/1/1945 à Flossenburg.

Maribon Pierre

Vanwymeerch Paul         mouvement O.CM. de Thouars, déporté à  Buchenwald, décédé à

                                                                                           Mathausen le 13/3/1944.                                                                                  



Reverault Antonin    

né le 03 avril 1902 à St Sauveur (79). Domicilié à Thouars, il était chauffeur à la SNCF. Arrêté le 03 août 1942 par la 4° brigade de police mobile d'Angers, pour constitution de groupe de résistance. A été fusillé par les Allemands le 2 décembre 1942 à Biard.

 

                                              Tués pour fait de guerre

Billy Marcel

Boire René

Bondu Alfred

Boutelleau Henri

Cousseau Georges

Delavault  Maurice

Deshayes Pierre

Guilbot Guy

Huchet Marcel

Prudhomme Louis

Reveau Odette

                                     


                                       Dépot SNCF de Thouars

Stèle à la mémoire des cheminots déportés, morts pour la France, tués pour faits de guerre. La liste est indentique à celle qui figure sur les plaques dans la gare.





                                   Zone industrielle de Thouars

Stèle érigée par le Souvenir Français à la mémoire des hommes du 12ème régiment de Cuirassés tombés ici le 21 juin 1940. La devise du régiment était : Au danger, mon plaisir.
Sont tombés ici :
le maréchal des logis PERRIN et les cuirassés POIRIER, BEUCHET et LECLAIR
                


                                      Butte Saint-Gemme

                                                         Luché Thouarsais



Cette stèle a été érigée par le Souvenir Français à la mémoire de trois soldats tombés le 22 juin 1940 lors des derniers combats.

" A nos morts Flandres-Dunkerque 1940. Ici tombérent...ils ne se battaient plus que pour l'honneur- Passants inclinez vous devant tant de grandeur. Cinquantenaire du 22 juin 1940."

 - Noël Roger caporal au 352e C.A..C.C. (compagnie automone de chars de combat) 22 juin 1940

 - Offenstadt Robert         352e C.A.C.C.  22 juin 1940

 - Poinet Marcel               352e C.A.C.C.  22 juin 1940

                                                                Luzay






Borne souvenir érigée par le Souvenir Français

" Ici sont tombés pour la France le maréchal des logis DIRASSEM et le soldat MOREL"

                                                                                                           Mauléon

Stèles érigées par le Souvenir Français à la mémoire de :

Pierre Cousseau fusillé par les Allemands le 22 août 1944

Joseph Moreau massacré par les allemands, route de Saint-Amand sur Sèvres, près du hameau de la Maison Neuve

                                                                     Rigné

Commandant Gaston Demange


Chef d'Etat-Major de la 3ème DLM (Division Légère Mécanique), il est mort au combat le vendredi 21 Juin 1940 à la tête de ses hommes. Le 21 juin le général Testar installe son P.C. à la butte de Sainte Gemme en direction de Bressuire. Le peloton de chars du lieutenant  Dorance est stationné entre le P.C. et Saint Jean de Thouars, des avions surgissent et attaquent le groupe à la bombe et à la mitrailleuse. Il y a des blessés et des tués, dont le commandant Demange.  Son corps sera amené vers le village de Pierreffite et déposé à la mairie du village. - Madame Papau, secrétaire de mairie et institutrice, a raconté en 1970, que les hommes de la division qui avaient ramené son corps, pleuraient, parlant avec une grande émotion de leur commandant. Ils demandèrent à madame Papau d'enregistrer le décès sur le registre civil de la mairie et de s'occuper de l'inhumation du corps - Gaston Demange repose dans le cimetière de Pierreffite. Une stèle a été élevée en son honneur à l'endroit précis où il a été tué au carrefour de la RN138 et de la route de Rigné.


                                            " le moulin à eau"       Tourtenay

Au cours de l'année 1941, le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame (CND) organise 4 parachutages sur le terrain "Le Moulin" à Tourtenay. Ces opération permettent d'équiper le réseau de postes émetteurs-récepteurs, indispensables à la transmission des renseignements collectés par la Résistance vers Londres. Choisi pour sa proximité avec le canal de la Dive, point de repère intéressant pour les aviateurs lors des nuits de pleine lune, le terrain est situé dans la plaine de Tourtenay. Les terrains d'atterrissage Roi de Cœur à St Léger de Montbrillais (86) et de parachutage Nick Pernod à Tourtenay, sont placés sous la responsabilité du docteur André Colas (Nick), radiologue à l'hôpital de Thouars et de Loudun. Ce dernier lieu est la propriété de M. et Mme Maurice Touret, demeurant à la ferme du Moulin. Elle sert de refuge et de relais aux agents, d'entrepôt de matériel et de poste de commandement les nuits de parachutage. Le message « Nous boirons un Pernod à votre santé le … », annonçant ces parachutages a la particularité d'être diffusé par la B.B.C. pendant plusieurs semaines pour des raisons d'intempéries et de nuits sans lune. Ces 4 parachutages livrent le 2 août, 5 postes émetteurs-récepteurs, suivi le 17 septembre de 4 postes émetteurs-récepteurs, puis le 7 octobre, 7 postes et enfin le 4 novembre 1941 le technicien radio Robert Delattre (Bob) muni de son propre poste. Il remplace Bernard Anquetil (Lhermitte), arrêté à Saumur le 30 juillet 1941 et fusillé à l'automne suivant au Mont Valérien.


                                  " Petite champagne"                    Tourtenay

Dans les nuits du 14 au 15 et du 16 au 17 juin 1943, la petite commune de Tourtenay au Nord de Thouars est le théâtre de deux opérations de parachutage organisées par les résistants du mouvement Organisation Civile et Militaire. Plusieurs tonnes de matériel sont récupérées. Le message est le suivant : « Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir » Les parachutages sont réceptionnés sur le lieu dit "La Petite Champagne", un champ en friche situé à 1,5 km du village. Le 1er parachutage du 14 au 15 juin 1943 permet à l'équipe de réceptionner 6 containers et 1 poste émetteur récepteur, représentant un poids total d'environ 1,5 tonne. Ce soir-là, l'avion effectue un premier survol de la zone afin de repérer l'équipe. Il poursuit sa route pour effectuer une manoeuvre de diversion en larguant des tracts sur les villes environnantes, puis revient pour finalement délivrer son chargement. L'équipe en place réceptionne les containers. L'un des parachutes s'est accroché dans un arbre, il faut se hâter de le libérer. La 2nde opération, dans la nuit du 16 au 17 juin, livre 8 containers, soit environ 2 tonnes de matériel. Au total l'équipe rassemble 3,5 tonnes d'équipement, qui comprennent quelques pistolets, des grenades, près de 200 mitraillettes et des explosifs.Toutes les armes sont transportées jusqu'au village par une charrette tirée par les boeufs blancs de la famille Pichot puis stockées dans une cave souterraine située sous la ferme et dont l'issue est obstruée et dissimulée afin d'être rendue indétectable. Les Participants : L'équipe de réception de huit personnes du 1er parachutage se composait de : Roger Hélier de la Chapelle-Saint-Laurent (Chef d'équipe), Ludovic Courtin, Gabriel Mathé et Paul Van Wymeersch, Jean Hélier, Gérard Pichot, Léonce Pichot et Abel Tounoire. L'équipe du 2nd parachutage de 8 participants ne diffère que par le remplacement d'Abel Tounoire par Georges Jougier.


                                 " Roi de coeur"   Saint Léger de Montbrillais

Au lieu dit "La Champagne", à la limite nord des départements des Deux-Sèvres et de la Vienne, un terrain d'atterrissage est homologué par Londres sous le nom "Roi de Coeur". Il permet, en 1942, l'acheminement de Gilbert Renault (Colonel Rémy) et la récupération de deux agents chargés de mission. Ce terrain d'atterrissage est préparé à la demande de Rémy, chef du réseau de renseignement Confrérie Notre Dame (CND), pour le transport, par opération "pick-up", des agents de liaison allant ou revenant clandestinement de Londres. Son choix et son installation sont le fait du Dr André Colas (Nick) aidé du radio Robert Delattre (Bob). Ce dernier a reçu à l'entraînement, en Angleterre, une formation spéciale pour les terrains clandestins. Le site est photographié par les services aériens britanniques et homologué terrain Roi de Coeur. Ces opérations juste terminées, la SIPO-SD met la main sur des informations concernant le réseau et procède à l'arrestation le 21 janvier 1942 des docteurs Chauvenet et Colas, plaçant le terrain en réserve pour plusieurs semaines. Ce n'est que dans la nuit du 26 au 27 mars 1942 qu'un avion biplace Lysander, piloté par Guy Lockhart, commandant le groupe 161 des " Avions Spéciaux ", parvient à déposer Rémy et embarquer pour le retour à Londres, deux chargés de mission : François Faure (Paco) et le futur Ministre Christian Pineau (Garnier). Une équipe d'accueil avait été mise sur pied conjointement avec le docteur Daniel Bouchet et le radio Bob. Georges Geay de Tourtenay est désigné comme chef de terrain, aidé du radio et assisté de 3 membres de la famille Touret de Tourtenay : Paul (Léon), agent de liaison de Rémy, son frère Maurice et le fils de ce dernier, au même prénom, qui en étaient à leur 5e opération aérienne de terrain. Des précautions avaient été prises par le docteur Daniel Bouchet, en faisant garder les routes de Thouars et de Tourtenay par des hommes armés, pour le cas ou les Allemands interviendraient. Le gendarme Fernand Clairo, de la brigade de Montreuil-Bellay, avait pris les mêmes dispositions sur les routes du Maine-et-Loire.


Sources : fiches du Conservatoire de la Résistance,  site du CRRL Thouars, site Combattants du Mellois, Michel chaumet « La Résistance en Deux-Sèvres », archives particulières.

Crédit photographique : Jean-Claude Giraud, Philippe Sibileau , Michel Clisson, Michel Lacombe, Charles Voirin, Jean Faucher, Nouvelle République.