Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                                              Augé


Une attaque contre les troupes d'Occupation est menée à Augé le 31 août 1944 par les résistants du Triangle 16. Le groupe "Jean-Claude" établit son quartier général au maquis de Bouchèble en lisière des bois d'Arpentérault situés au nord d'Augé.En cette période de l'été 1944, les combats pour la libération du territoire font rage. André Dupuis (Jean-Claude), le capitaine Antonin et Georges Archambault recherchent des terrains d'embuscades. Le matin du 31 août 1944, une embuscade est montée, deux véhicules allemands en panne sont stoppés sur le pont d'Augé. Une action est rapidement décidée : le groupe "Georges", dans le virage de Champmargou, stoppera le premier véhicule. Le groupe "Jean-Claude" tiendra les hauts de la carrière pour arrêter le deuxième véhicule tandis que le groupe "Robert" assurerait la protection rapprochée du bourg en cas de retour des allemands. Le combat s’engage,  Il est violent, le fusil mitrailleur s’enraye, rien de se passe comme prévu, à la grenade, Allemands et Forces françaises de l'Intérieur, à quelques mètres les uns des autres mais du haut en bas de la carrière, s'accrochent sévèrement. . En tout une dizaine de tués côté Allemandds sont dénombrés et d'autres, ramenés à l'hôpital de Saint-Maixent-l'École doivent probablement allonger la liste de ce dur combat.


                                                           Azay-le Brûlé

Ezilda Barreau est Née à Cerzeau, hameau d'Azay-le-Brûlé. Elle et son fils Eugène seront les tous premiers résistants communistes de cette région. Elle a tout sacrifié pour permettre à son fils unique de devenir instituteur. Elle vendra sa maison de Cerzeau pour le rejoindre à Irleau où il est instituteur. Communiste de cœur, c’est une militante active qui héberge de nombreux clandestins (Rol -Tanguy par exemple) Le groupe du marais est démantelé au mois de mai 1944, suite à l’arrivée à la Feldkommandantur de Niort de plusieurs lettre anonymes. Ezida Barreau est arrêtée le 26 mai à Azay-le Brûlé, où elle s’était repliée au début du mois après que son fils soit entré dans la clandestinité. Elle partait travailler dans les champs quand une traction noire s’est arrêté au carrefour, près du cimetière. Deux hommes vêtus de sombre et portant chapeau sont descendus, ils ont empoigné Ezilda brutalement, l’on bousculée et matraquée avant de la projeter à l’intérieur de la traction racontera une voisine. Elle est conduite à la Pierre-Levée à Poitiers par les hommes de la S.A.P. Pendant plus de cinq jours, elle subit d’affreuses tortures destinées à la faire craquer et à lui faire donner des caches, des noms. Ezilda Barreau  ne dira rien, elle meurt le 1er juin 1944, des sévices qui lui ont été infligés.


                          Cathelogne       route de Saint-Maixent à Saint Georges de Noisne

 Le maquis de Cthelogne se trouvait au fond d'un vallon, l'on y accédait par un petit chemin de terre.

  Sur le bord de la route de Saint-Maixent à Saint Georges de Noisne, un petit monument  rappelle le souvenir de Paul Drevin et Paul Veillon. Après l’accident tragique de Ricou qui causa leurs décès, les corps des deux hommes furent  ramenés au maquis de Cathelogne pour y être inhumés provisoirement. Peu après la libération de Niort, de nombreuses autorités et de nombreux résistants accompagnaient Paul Drevin et Paul Veillon à leur dernière demeure. Exhumés du maquis  de Cathelogne, ils allaient reposer définitivement près des leurs, à Romans et à Niort.  Deux rues à Saint-Maixent, près d’un stade porte leurs deux noms.


                                                Ecole de Perré      Saivres

A l'hiver 1943-1944, le centre décisionnel de la Résistance intérieure départementale se situe sur les rives de la Sèvre, en Saint-Maixentais. Libérer la France de l'occupation nazie et rétablir la démocratie sont les principaux objectifs. En 1942, la coordination entre la France libre du général de Gaulle à Londres et la Résistance intérieure s'impose. Le préalable sur le sol français est l'unification des mouvements de Résistance non-communistes. Elle est effective au printemps 1943. L'Armée secrète, organisation paramilitaire, est créée. Sa direction régionale est confiée au général Faucher, résidant à Saint-Maixent-l'École. À Edmond Proust, alias « Gapit » revient le commandement de l'échelon départemental. Ce dernier la structure depuis l'école de Perré où il enseigne. Après l'arrestation du général Faucher, le 29 janvier 1944, les prérogatives de « Gapit » s'étendent à la région. L'étau de la répression se resserre. Se sachant menacé, Edmond Proust quitte chaque nuit sa maison-école pour n'y revenir que le matin. Ce 18 février 1944, il échappe de justesse à l'arrestation. Quittant précipitamment les lieux, il se terre pendant trois semaines avec son épouse Lina et rejoint son refuge minutieusement préparé, le Logis de la Bidolière. Dans le même temps, les responsables de l'état-major de l'Armée secrète tombent. Reprenant contact avec les époux Marsteau, instituteurs au Breuil de Sainte-Eanne, il restructure l'Armée secrète. Devenu « Chaumette », il y installe son quartier général. Après le débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, l'Armée secrète départementale - à force de négociation avec les missions inter-alliées présentes sur le territoire - obtient à l'été 1944 des parachutages d'armes. Les sabotages contre les intérêts de l'occupant nazi se multiplient. Les Deux-Sèvres, avec « Chaumette » en chef départemental des Forces Françaises de l'Intérieur, sont officiellement libérées le 6 septembre 1944.

 



                                 La Cailletière  commune de Saivres

Le 4 mai 2016 avait lieu dans le petit  village de la Cailletière de Saivres une cérémonie hommage à deux jeunes résistants membres des FTPF fusillés au champ de tir de  Biard le 4 mai 1944.

René Proust et Roland Bernier, résistants très actifs participèrent au sabotage de nombreux moyens de communication, aux déraillements de plusieurs trains au niveau de Jaunay-Clan ainsi qu’à l’express Paris-Irun.

René Proust est né le 8 août 1921 à Saint-Gelais. Cultivateur il résidait à Saivres, en octobre 1943, il s’engage avec quelques camarades au FTPF (Francs-tireurs partisans Français) Après plusieurs arrestations dans le groupe, se sentant menacé, il quitte la Vienne pour se réfugier à Thorigné dans les Deux-Sèvres. Il fut trahi par une lettre de sa fiancé interceptée par le receveur des Postes de Saint-Maixent qui avait reçu comme consigne par un commissaire de la SAP de Poitiers de surveiller le courrier lui étant adressé. Il fut arrêté le 7 avril 1944, condamné à mort le 4 mai, il est fusillé le soir même. Roland Bernier est né le 22 décembre 1924 à Novion-Porcien dans les Ardennes. Terrassier de profession, réfugié à Saivres, il s’engage dans la Résistance en décembre 1943. Il est arrêté dans sa planque à Champigny-le-sec dans la Vienne le 24 mars 1944 et interné à la Pierre-levée à Poitiers jusqu’à son procès le 4 mai ou il fut condamné à mort et fusillé le soir même avec quatre de ses camarades dont René Proust.

                                                             Ricou

En 1940, Paul Drevin et Paul Veillon intègrent l’école Normale d’Instituteurs alors implantée à Saint- Maixent.  Excellents élèves, sportifs de haut niveau, ils étaient, avec quelques autres qui d’ailleurs les suivirent dans la Résistance, la « dynamite » de leurs promotion. Contactés par André Dupuis, ils se lancent immédiatement dans l’action.  Les réseaux Eleuthère et Navarre ont besoin de leurs services. Ils sont agents de liaison, mais  ils ont un besoin d’actions plus directes. Lorsque Chaumette, devant les actions répétées de ce groupe turbulent, lui attribue le triangle 16,  le groupe Normalien se regroupe en maquis à la Couture puis à Cathelogne. Sabotages tous les soirs. Drevin et Veillon en sont passés maîtres. Le 19 août, les deux hommes minent la voie ferrée à Ricou avec un allumeur électrique  que l’on commandera au passage du train ( une première tentative ayant échouée la veille avec un allumeur à pression) Attendre, c’est lassant et puis Drevin et Veillon sont curieux de connaître la cause de l’échec. Ils vont vérifier l la mine à pression. Tous les deux se penchent sur l’engin, un calage, un tour de vis… Une explosion ! Tout est terminé ! Les deux hommes sont morts sur le coup. Ils avaient 20 ans.


                                             l'école de Sainte-Eanne

Dans la maison d'école de Sainte-Eanne, Edmond Proust (" Gapit " puis " Chaumette ") organise le poste de contrôle clandestin du mouvement de résistance Organisation civile et militaire, puis de l'Armée secrète départementale, de mars 1944 à la libération. René Marsteau et son épouse Suzanne sont depuis la rentrée scolaire 1942 instituteurs à l'école publique du Breuil sur la commune de Sainte-Eanne. Dès le début de l'année 1943, ils recherchent le contact avec la Résistance. Ils le trouvent à Saint-Maixent auprès de Chichéry  responsable interdépartemental du mouvement de résistance Libération - Nord, beau-frère de Beche, député socialiste des Deux-Sèvres. Sous le nom de (Cavour), René Marsteau devient lieutenant, chargé du recrutement et de l'encadrement.  Conformément aux ordres reçus au plan national, fin 1943, les mouvements OCM et Libération-Nord fusionnent pour donner naissance à l'Armée secrète (AS) des Deux-Sèvres sous l'autorité d'Edmond Proust (Gapit), instituteur à Perré sur la commune de Saivres. Le PC de l'AS des Deux-Sèvres s'implante en partie à l'école de Sainte-Eanne, chez les Marsteau qui restent en étroite liaison avec Proust. André Boyer, ami des Marsteau assure des liaison notamment avec Chichéry à Saint-Maixent et Beche à Paris. Après les arrestations de janvier et février 1944 qui décapitent l’état major de l’A.S. Chaumette qui réside à La Bidolière, revient chaque jour à la nuit tombée à Sainte-Eanne et en repart au petit jour. Toute la nuit, il travaille avec Marsteau et les agents de liaison. Dès le mois de mai, des rapports réguliers se sont établis avec le chef départemental des FTP, le commandant Robin (Michel). Il est convenu que les deux états-majors opéreront en liaison et complet accord pour coordonner leurs efforts. C'est là l'amorce de l'entente entre AS et FTP d'août 1944, d'où naissent les FFI sous le commandement de Chaumette. C'est donc une activité clandestine très importante qui, pendant sept mois a eu lieu à Sainte-Eanne. Les Marsteau apportent une aide précieuse et un soutien sans faille à l'action d'Edmond Proust et logent et accueillent des résistants. Grâce aux multiples précautions prises, grâce aussi, à une certaine complicité du voisinage qui faisait confiance à ses " maîtres d'école ", aucun drame n'a été à déplorer et la libération a permis à chacun de réapparaître au grand jour.






Plaque apposée sur le mur de l'école le 27 mai 2016.


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                                  la "Bidolière"             Saint Martin de Saint-Maixent

La résidence de la famille Brangier à La Bidolière à Saint-Martin de Saint-Maixent fut le refuge clandestin d'Edmond Proust ("Gapit" puis "Chaumette") à la suite de son arrestation manquée le 18 février 1944 à l'école de Perré. Edmond Proust et Lina son épouse sont instituteurs depuis 1921 à l'école de la " Chaumette " à Perré, commune de Saivres. Mobilisé dès la déclaration de la Seconde Guerre mondiale le 2 septembre 1939, puis fait prisonnier à Pargues (Aube) au cours des combats de mai-juin 1940 déclenchés par l'offensive allemande, il est libéré en août 1941 en tant qu'ancien combattant de la guerre 1914-1918. C'est animé d'une forte volonté de participer au combat pour la libération de son pays qu'il rentre à Perré et crée en 1942 un groupe résistant autonome recruté dans le monde enseignant et mutualiste. En mai 1943, il intègre le mouvement de Résistance Organisation civile et Militaire (OCM) dont il devient responsable départemental en août 1943, après une succession d'arrestations décimant en Deux-Sèvres les cadres de ce mouvement de Résistance. L'unification des forces de la Résistance intérieure dans l'Armée secrète le conduit à en assurer la direction départementale puis régionale dès janvier 1944 suite à l'arrestation du général Faucher (Libé-Nord). Les Alliés le désignent chef des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) en août 1944 pour le département. Le 18 février, c'est l'état Major des Deux-Sèvres qui est à son tour frappé, Chichéry et Lallemand, Renhas, Papot et Proust, chef des liaisons, le docteur Laffitte, chef du service de santé clandestin sont arrêtés. Proust (Gapit) glisse entre les mains des policiers Allemands. Proust s'installe dans la clandestinité et poursuit sa mission sous le pseudonyme de Chaumette, mais il n'y aura à La Bidolière aucune réunion clandestine, aucune visite inhabituelle, l'action secrète se déroulant à l'école de Sainte-Eanne, chez les Marsteau où Chaumette se rend de nuit par les chemins de campagne. Il reste cloîtré dans le logis de La Bidolière ne paraissant absolument pas dans la journée, toujours prêt, en cas de danger à sauter par la fenêtre dans le bois qui jouxte le logis.




René CHAIGNEAU naît  le 28 février 1912 à Paris (XIX).  Il dirige un groupe de résistants communistes dans la région de Saint-Maixent. Le groupe distribue des tracts et transporte des armes et à partir d’avril 1944, recrute des réfractaires au STO pour les maquis. Le groupe de Saint-Maixent est démantelé en mai 1944 en même temps que le responsable départemental Raymond Juliot. René Chaigneau est arrêté le 4 mai 1944 en même temps que sept autres militants. Deux d’entre eux sont condamnées à mort et fusillées à Biard le 4 juillet 1944 (Charles Coutant et Ramdane Bedja) René Chaigneau est déporté politique le 02 juillet 1944 à Dachau. IL  en est revenu le 27 mai 1945 grand invalide.

                                   Saint -Maixent    Marcel Chichery

Marcel Chichery, est, au moment de son arrestation, le responsable régional de Libération Nord. Il est également entré à l’état-major de l’Armée Secrète dans les Deux-Sèvres . Depuis décembre 1942, il est agent de la Confrérie Notre-Dame Castille, que dirige sur le plan régional son beau-frère, Emile Bèche. Vers 7 heures du matin le 18 février 1944, une traction avant noire s’arrête  devant le domicile des Chichery, rue des Petites Boucheries à Saint-Maixent. Des agents de la police allemande, la SIPO frappent à la porte de la maison et, une fois entrés, posent quelques questions à Marcel Chichery avant de le sommer de les accompagner. De Saint-Maixent, Marcel Chichery va être conduit à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers. Déporté en Allemagne au camp de Neuengamme puis Stöcken, Marcel Chichery décède  en avril 1945.


                                    Saint-Maixent               Général Louis Faucher


Correspondant du réseau de renseignement "Alliance" sous le pseudo "Pékinois" en 1942. Adhère à Libération Nord en janvier 43. Nommé chef de l'Armée Secrète pour la Région B (sud-ouest) par le colonel Zarapoff en septembre 1943. Arrêté à son domicile par la police allemande le 29 janvier 1944. Remplacé par Edmond PROUST alias "GAPIT"  qui devient sous le nom de "CHAUMETTE" chef de l'A.S. dans les Deux-Sèvres. Le général Faucher connaîtra  les prisons de Niort (Caserne Duguesclin), Poitiers (Pierre Levée) puis le camp de Compiègne avant d'être interné en Allemagne (Bad Godesberg, Plansee); d'où il revient le 7 mai 1945, âgé de 70 ans. Grand officier de la légion d'honneur, il est décédé à Saint-Maixent, le 30 mars 1964.

                                                          Louis Joubert

 Né à Saint-Maixent, son enfance a été marquée en particulier par la mort de  son père à Verdun. Bac à seize ans, puis études d’histoire à Bordeaux, il est professeur à Mont de Marsan, puis au Lycée Montaigne de Bordeaux. Secrétaire académique du SNES. Il est très actif au moment du Front Populaire et au moment de l'arrivée des réfugiés qui arrivent à la fin de la guerre d'Espagne. Il rentre dans le mouvement de  résistance O.C.M.  en février-mars 43.Louis Joubert est chargé de l’organisation de l’O.C.M. en Deux-Sèvres, il prend des contacts dès avril 43 avec Edmond Proust, mais aussi avec Raoul Bétin, Méric et Eprinchard, instituteur proche du parti communiste. Suite aux arrestations d’été 1943, L’OCM est démantelée. Il confie la direction de ce mouvement à Edmond Proust, qui devient chef départemental de l’OCM. Il devient pour quelques semaines le chef départemental de l’Armée Secrète. Repartant à Bordeaux pour la rentrée de fin septembre, il laisse la place de chef départemental de l’AS à Edmond Proust. A Bordeaux, il joue un rôle majeur auprès de Camplan, nouveau chef de l’OCM bordelaise.  C’est à partir de ce moment là que se situe l’affaire du voyage à Alger. Joubert fait partie, il faut le préciser, de ceux qui s’opposent à Grandclément. Il participe à un conseil de guerre qui va condamner à mort  Grandclément, en octobre 1943. Mais il se trouve qu’à ce moment là,  le chef de la Gestapo bordelaise, Dohse, le contacte, à travers Grandclément, pour proposer une trêve entre les résistants de la région bordelaise et les Allemands. Le passage de la frontière dans la voiture de Dohse, lui a beaucoup été reproché. Avant de partir, il en rendu compte à son chef, en l’occurrence le colonel Touny, le chef de l’OCM national qui lui ordonne d’aller à Alger. De Gaulle le reçoit le 7 janvier 1944. Au bout de  quelques jours il est éloigné d’Alger et il va est en résidence surveillée jusqu’en Juillet 45. Il sera totalement blanchi par l’enquête de la DST menée sur ordre du Gouvernement Provisoire en juillet 1945 et il est rétabli dans tous ses droits et toutes ses fonctions.


                                                  Jean Cavaillès

Fils d'officier, Jean Cavaillès est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres. Elève brillant, après des études primaires et secondaires à Mont-de-Marsan et à Bordeaux, il prépare à Paris le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure où il est reçu premier en 1923. Agrégé de philosophie en 1927, licencié de mathématiques. Il fait son service militaire en 1927 comme EOR à Saint-Cyr et est affecté en juin 1928 comme sous-lieutenant au 14e Régiment de Tirailleurs sénégalais. De 1929 à 1935, il est répétiteur rue d'Ulm et prépare sa thèse. Boursier d'études à la Fondation Rockefeller il effectue en 1930, pour sa thèse, un séjour de presque un an en Allemagne suivi, quelques années plus tard, de plusieurs autres voyages qui lui permettent d'observer et de comprendre l'horreur du régime nazi. Professeur au lycée d'Amiens en 1936, docteur ès lettres en 1938, Jean Cavaillès enseigne ensuite en qualité de maître de conférences de Philosophie générale et Logique à la Faculté des Lettres de Strasbourg. Mobilisé en 1939 comme lieutenant d'Infanterie au 43e Régiment d'Infanterie coloniale, il commande une section devant Forbach. Officier du chiffre puis rattaché à l'Etat-major de la 4e Division coloniale, le lieutenant Cavaillès est cité pour sa hardiesse à deux reprises et, fait prisonnier le 11 juin 1940, s'évade de Belgique fin juillet pour rejoindre Clermont-Ferrand où la Faculté de Strasbourg est repliée. A Clermont-Ferrand, il reprend ses cours de maître de conférences et, fin décembre 1940, rencontre Emmanuel d'Astier de la Vigerie, avec lequel il fonde un petit groupe de résistance, "la Dernière Colonne". Il réalise des papillons qu'il colle à Clermont-Ferrand et rédige des tracts. Pour atteindre une plus large audience, il apparaît nécessaire de créer un véritable journal ; ce sera Libération à la rédaction duquel Jean Cavaillès participe activement. Le premier numéro paraît en juillet 1941.


                                                 rue Jean Cavaillès   suite


 A Paris, il adhère rapidement à "Libération-Nord" et fait bientôt partie du Comité directeur du

mouvement dans lequel il joue un rôle essentiel. Favorable à l'action militaire, il crée, en avril 1942, à l'instigation de Christian Pineau, chargé par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA) de Londres de constituer un réseau de renseignements en Zone Nord, le réseau "Cohors". Pineau contraint de passer en Zone Sud, Cavaillès développe le réseau et fonde des groupes en Belgique et dans le Nord de la France. Arrêté près de Narbonne avec Christian Pineau par la police française en septembre 1942, après l'échec d'une tentative d'embarquement pour Londres, il est interné à Montpellier puis au camp de Saint-Paul d'Eyjeaux d'où il s'évade fin décembre 1942. Naturellement révoqué par Vichy, recherché par la police, il entre dans la clandestinité, recherche les moyens nécessaires pour agrandir son réseau et part pour Londres en février 1943. Il rencontre à plusieurs reprises le général de Gaulle. Chargé de mission, il est de retour en France le 15 avril par une opération Lysander près de Rouen et confie à son adjoint et ancien élève de la rue d'Ulm, Jean Gosset, la direction de l'Action immédiate (AI). A l'été 1943, constatant d'importantes divergences avec ses camarades du mouvement, il démissionne du Comité directeur de "Libération" pour pouvoir se consacrer tout entier à l'Action immédiate. Trahi par un de ses agents de liaison, il est arrêté le 28 août 1943 à Paris ainsi que sa sœur et son beau-frère. Torturé par la Gestapo de la rue des Saussaies, il est incarcéré à Fresnes jusqu'à la fin 1943 puis interné à Compiègne en janvier 1944 en attente d'être déporté. Finalement transféré à Arras, il est condamné à mort par un tribunal militaire allemand et immédiatement fusillé à la Citadelle d'Arras le 17 février 1944. Enterré à Arras sous une croix de bois portant la mention "inconnu n°5", son corps a été exhumé en 1946 pour être inhumé dans la Crypte de la Sorbonne, à Paris.




                    plaque apposée le 18 novembre 2017, place des Martyrs
                     plaque apposée le 18 novembre 2017, 23 Ave Wilson

Charles Coutant, fils d’un père receveur d’octroi et d’une mère sans profession, marié et père de deux enfants, résidait à Saint-Maixent-l’École.
Responsable du triangle de direction du Front national pour le secteur de Saint-Maixent-l’École, il distribua des tracts clandestins, achemina des armes et, à partir d’avril 1944, recruta des jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) pour grossir les rangs des FTPF.Charles Coutant fut arrêté le 4 mai 1944. Interné à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers puis condamné à mort par le tribunal militaire FK 677 de Poitiers le 23 juin 1944, il a été fusillé le 4 juillet 1944 sur le champ de tir de Biard avec ses camarades dont Ramdame Bedja.
                 plaque apposée le 18 novembre 2017, 5 rue du Plat d'Etain
              plaque apposée le 18 novembre 2017, 64 rue du Faubourg Charrault
Henri Batonnier et ses parents, originaires des Ardennes, se réfugièrent en tant qu’Ardennais dans les Deux-Sèvres. Ils élurent domicile à Saint-Maixent-l’École.
Henri Batonnier fut un membre actif du groupe FTPF de Saint-Maixent-l’École d’octobre à décembre 1943. Il participa à de nombreux sabotages sur les lignes téléphoniques. À cette date, il s’engagea avec certains de ses camarades (Roland Bernier, Jean Fritsch, René Proust, Roger Sapin, etc.) dans le département voisin de la Vienne. Son groupe dit de Champigny-le-Sec fut placé sous l’autorité de Charles Sidou alias Antoine, responsable interrégional militaire des FTPF. Leur mission principale fut de conduire des sabotages contre les intérêts ennemis.  Le 23 février 1944, il participa au sabotage du train de marchandises reliant Poitiers à Tours, au niveau de Jaunay-Clan. Il participa au déraillement de l’express Paris-Irun dans la nuit du 17 au 18 mars suivant. Les investigations de la Section des affaires politiques (SAP) de Poitiers, dirigée par le commissaire Rousselet, aboutirent à une série d’arrestations en chaîne. Henri Batonnier fut cueilli dans sa planque à Champigny-le-Sec (Vienne) le 24 mars 1944, au domicile d’Hubert Delavault, avec Jean Fritsch. Dans la grange de la ferme, des armes, des munitions et des clés destinées au déboulonnage des rails furent retrouvées. Interné à la prison de la Pierre-Levée jusqu’à son procès, il fut condamné à mort le 4 mai 1944 par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 de Poitiers. Il a été fusillé le même jour sur le champ de tir de Biard avec ses camarades Roland Bernier, Jean Fritsch, Charles Plessard et René Proust.

                                Saint-Maixent                   Collège Denfert-Rochereau









Plaque commémorative sculptée sur bois à la mémoire de Marcel Chichery professeur et de trois élèves : Rémy Boux, Paul Drevin et Paul Veillon.

                     Maison Dupuis à Verrière- PC clandestin du réseau Eleuthère

Sur la commune de Saivres, près de Saint-Maixent-l'Ecole, André Dupuis (Jean-Claude) installe en mai 1944 le poste de commandement de son groupe d'action : le réseau de renseignements Eleuthère qui deviendra le Triangle 16 au moment du débarquement allié en Normandie, aidant à la libération du pays par l'action armée. À l'automne 1943, André Dupuis est recruté par le réseau de renseignements Eleuthère et par le Service de renseignements de la France combattante. Pour remplir cette mission, il recrute dans son cercle de confiance huit jeunes gens, étudiants à l'École normale installée à Saint-Maixent-l'Ecole. Dès l'annonce du débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, le groupe devenu Triangle 16 et dépendant directement de l'Armée secrète dirigée en Deux-Sèvres par Edmond Proust  multiplie les actes de sabotage sur les voies de communication. Le 16 août 1944, le « triangle 16 », sous l'autorité d'André Dupuis, prend le maquis dans les bois de Cathelogne.

Sources : fiches du Conservatoire de la Résistance,  site du CRRL Thouars, site Combattants du Mellois, Michel chaumet « La Résistance en Deux-Sèvres », archives particulières.

Crédit photographique : Jean-Claude Giraud, Philippe Sibileau , Michel Clisson, Michel Lacombe, Charles Voirin, Jean Faucher, Nouvelle République.