Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                                                      Ardilleux



Robert Béchade, chef de service à la préfecture de Niort, natif d’Ardilleux, est le responsable départemental du NAP. Le « noyautage des administrations publiques » est un service de la Résistance crée par Jean Moulin en septembre 1942 pour infiltrer les administrations (préfectures, PTT, SNCF, police, gendarmerie etc.) La Résistance peut ainsi se procurer de vrais-faux papiers et de précieuses informations sur le gouvernement de Vichy et l’occupant. Robert Béchade sera arrêté le 5 mai 1944 à Niort. Il est déporté au camp de Buchenwald. Il meurt d’épuisement le 7 mai 1945, au cours d’une « marche de la mort »



                                                                      Aubigné

La résistance dans le Mellois voit naître un groupe à Ardilleux créé par Albert Dubray en 1941. Ce groupe s’est spécialisé dans l’aide aux réfractaires, la fourniture de faux papiers et de cartes de rationnement. Des volontaires sont recrutés pour des missions armées et instruits par Fernand Jousseaume. Les maquisards s’installent à la ferme de Séligné, près de la Motte-Tuffaud. Puis les initiateurs formeront le groupe Fernand à partir des groupes Eprinchard-Dubray et des volontaires niortais-mellois et lezayens. Ce maquis prend naissance à Fontadam entre La Pommeraie et Clussais. « Vers la fin juillet 1944, le groupe Jousseaume quitte Fontadam et vient s’installer au Petit-Bois d’Aubigné. Les frères Dubray, dont le groupe de Chef-Boutonne comprenait : R. Sivadier, Gallas, massé, H. Désafit, R. Sauquet, Bouteiller, etc. ont rejoint ce groupe qui compte 50 à 60 hommes, et dont le cuisinier est le populaire Bajus. » Le camp du Petit-Bois d’Aubigné sera détruit par les Allemands le 15 août 1944, ils ne trouveront sur place que des véhicules mais fusilleront le pauvre Jean Cosset, jeune garçon de La Rochelle et comptable du groupe, qui s’était absenté pour aller chercher du ravitaillement. Les Allemands l’ont cueilli à son retour… Ses camarades et leurs prisonniers se sont repliés en bon ordre, à pied, pour rejoindre les bois de Hanc. Le 19, ils s’installaient à Pliboux.




                                                       Chef-Boutonne                  hotel des voyageurs


Raymond Kopp, alias « Parouty » est d’origine Lorraine, né en 1914 à Hoof près de Strasbourg. Il arrive dans la Mellois. Son parcours est peu banal. Bilingue, membre du 2ème Bureau, arrêté, il s’évade et participe à la Résistance dans le Périgord et le Confolentais avant d’arriver à Chef-Boutonne le 25 juillet 1944. Audacieux, téméraire, il rassemble un groupe de résistants qui participent à la bataille de Melle. Il est arrêté le 14 août 1944 avec René Goguelat et Charles Lainé. Torturés à la caserne Duguesclin de Niort, ils sont fusillés le 19 août 1944 avec Camille Gratien au Chizon sur la commune de Sainte Pezenne. Raymond Kopp  figure sur une plaque à l’hôtel des voyageurs de Chef-Boutonne et sur plusieurs rues portent son nom. Le Lieutenant Kopp avait participé activement à l'évasion du Général GIRAUD .




                                           Chef-Boutonne   cimetière  tombe de Louis Proust


 En 1944, le jeune Louis à 16 ans, il vit à Javarzay chez ses grands-parents paternels depuis huit

ans. Son père, le lieutenant-colonel d’aviation Proust s’est illustré en juillet au maquis du Mont-Mouchet. Au printemps, il a interrompu sa scolarité à Chef-Boutonne pour s’engager dans la lutte contre l’occupant nazi. Il va faire ses premières armes en Charente dans la section spéciale de sabotage de Jacques Nancy du BCRA (le bureau central de renseignement et d’action) une unité d’élite dont il sera un excellent élément. Blessé à une jambe début juillet au cours d’une mission, il est contraint de regagner Javarzay. Dans la deuxième quinzaine du mois d’août, bien que mal rétabli, il rejoint le groupe des frères Tabourdeau de Sauzé-Vaussais. Dans la nuit du 13 au 14, il participe avec des éléments du Mellois à l’attaque de la garnison de Melle, véritable opération militaire d’ampleur libérant pour quelques heures la ville. Cette attaque  déclenchera la fureur des Allemands, ils veulent à tout prix mettre la main sur ceux qui les menacent. Le 20août 1944, dans la matinée, Louis Proust est arrêté à Sauzé-Vaussais par des soldats hindous auxiliaires de la Wehrmacht. Transféré à Ruffec pour y être interrogé, il est condamné à mort le soir-même par l’oberleutnant Stéphan  et fusillé le lendemain matin à 6h45.





                                                        Fontenille

Plaque apposée sur le mur d'une maison au 24 route de Niort.

                                             Gournay            Bois Levrault


Le dimanche 25 juillet 1943, Raymond Durosier et Louis Jourdain, membres d’un groupe de francs-tireurs et partisans, doivent rentrer en contact avec un responsable d’une autre unité FTP. Raymond Durosier, Natif de Souché est âgé de 24 ans, Louis Jourdain, un réfugié des Ardennes, n’a que 20 ans. Militants communistes, l’un et l’autre  luttent contre le nazisme. L’essentiel de leurs actes de maquisards est de distribuer des tracts et le journal L’Humanité, récupérer  des bons d’alimentation, récupérer des armes, établir de fausses cartes d’identité. Ce matin là, ils ne survivront pas à leur ordre de mission, dans les bois de la Chevrolière, ils tombent dans une embuscade et sont sauvagement abattus par les hommes du commissaire Rousselet de la SAP de Poitiers.





                                           Javarzay      place des martyrs de la Résistance   




Plaque à la mémoire de Raymond Kopp, Charles Lainé et Raymond Goguelat, tous les trois fusillés le 19 août 1944, dans les carrière de Chizon commune de Sainte Pezenne près de Niort.




                                                              Javarzay       place des Martyrs de la Résistance



On peut lire sur la plaque Guy Fouquaud, fusillé par les Allemands à taillepied de Bressuire. Il exite une stèle à Bressuire à la mémoire de ce jeune garçon fusillé par les Allemands à l'âge de 12 ans.

On constate une erreur dans la transcription du nom : Guy Foucaud.

Même erreur pour Pierre Foucaud . On trouve son nom sur le monument aux morts de Noyers sur Cher ( Loir et Cher)

                                 Loubillé     Bois Cambert               RD737 direction Longré 

Le 24 juillet 1944, Pierre-Albert Audun (21 ans, originaire du Finistère) Pierre-Louis Fossé (18 ans, originaire de Néré) et Fernand Prévost (18 ans originaire de la région parisienne) tentent de rejoindre le maquis de la forêt de Chizé. Ils sont arrêtés et transférés de nuit au Bois-Cambert pour y être sauvagement exécutés. Le lendemain matin, Marcel Bodet de Narçay, un village voisin, découvre les trois corps criblés de balles et prévient les autorités qui tentent de les identifier, sans succès pour l’un d’entre eux. Sur le monument on peut lire deux noms et un inconnu , identifié plus tard comme étant Pierre-Albert Audun.



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                                                           Loubillé    cimetière




Tombe de Fernand Prevost fusillé au lieu dit "Bois Cambert" avec deux autre résistants.

                                                             Lussais        cimetière

Dans le cimetière une stèle commémorative a été érigée tout près des tombes des trois hommes

Raymond Goguelat, Francis Lainé et Raymond Kopp dit "Parouty", fusillés à Niort.


Raymond Goguelat était marié, père deux enfants, domicilié à Villeneuve-Saint-Georges. Sous les ordres du Lieutenant Kopp dit Parouty, lors de la »bataille de Melle, les trois hommes étaient  habillés en uniforme Allemand  (Le lieutenant Kopp parlait parfaitement l'Allemand, il était habillé en uniforme SS) . Les trois résistants ont été trahis par la présence d'un drapeau tricolore qui était dans le coffre arrière de la voiture qui les transportait à Melle.

                                                              Melle   place Bujault

Melle posséde une importante distillerie qui fournit du carburant à l’occupant, c’est dont un objectif important pour la résistance. En d’autre terme, prendre la raffinerie équivaut à libérer Melle. L’action est engagée par le groupe « Fernand-Groussard », les hommes d’Ernest Jousseaume et de René Groussard, le groupe FTP des frères Tabourdeau et le groupe de Raymond Kopp « Parouty ». La seule garnison allemande est présente à l’usine, ce qui signifie 15 ou 20 hommes. Le moment des repas est visé pour commencer l’attaque puisque la garnison se divise habituellement en deux pour dîner à l’hôtel Phelippon aussi connu sous le nom de l’hôtel des voyageurs. Le jour J est prévu le 13 août ce qui correspond à une plage de jours fériés pendant lesquels l’activité doit être réduite.

                                                                       Melle

L’attaque est lancée, la partie de la garnison qui prend son repas est sous l’assaut des résistants. L’effet de surprise n’a pas lieu, des balles incendiaires allument un feu dans l’hôtel et piègent des Allemands réfugiés dans l’hôtel. Des sentinelles placées à l’entrée de Melle avertissent les résistants qu’une troupe d’une soixantaine d’Allemands va traverser la ville. C’est alors que les résistants s’affèrent pour nettoyer toutes traces de combats en enlevant les douilles des balles. La colonne allemande, qui en réalité est un détachement de l’armée de l’air, passe à côté de l’hôtel en flamme devant lequel, les pompiers travaillent à éteindre l’incendie, sans se douter que cinq des leurs sont piégés dans la bâtisse. La bataille de Melle est finie, les allemands prisonniers du feu et d’autres éléments de la garnison se rendent. Au total, 16 prisonniers se trouvent aux mains des maquisards. L’affaire de la bataille de Melle a fait grand bruit au sein des autorités militaires allemandes de Niort. Face à l’audace des maquisards, le 15 août, une colonne allemande sous l’autorité du général Täglischbeck, entame des représailles. Ils traquent les résistants, mitraillent Fontenille, prennent des otages à Javarsay puis à Aubigné.

                                                                      Melle



Prosper Costard, breton d'origine est arrivé à Melle pour raisons professionnelles comme cheminot, il va participer activement à la Résistance, sous le commandement de Théodore Bercegeay, en relevant des renseignements sur les troupes ennemies, en empêchant les jeunes de partir en Allemagne pour le STO, et surtout en désorganisant les transports ferroviaires.
Il sera arrêté le 23 août 1943 à la gare de Melle, puis déporté à Natzweiler et enfin à Dachau où il décèdera le 6 mai 1945.




                                                                    Melle

                                                                

Christian Pineau, jeune Mellois, alors âgé de 18 ans, quitte Melle et rejoint l’Angleterre. Il s’embarque au port de la Rochelle le 19 juin 1940. Arrivé à Londres il s’engage dans les Forces Aériennes Françaises Libres.  Après deux années d’entrainement dans un centre d’instruction de la Royal Air Force, il est affecté en temps que pilote au groupe de bombardement « Lorraine » sous les ordres du colonel de Rancourt. En juin 1943, le groupe participe aux premières missions de guerre. Les terrains d’action sont la Hollande, la Belgique et la France. Le 3 juillet 1943, au cours de sa troisième mission dont la cible est une usine d’air liquide, Christian Pineau est ses deux camarades de vol : le sous-lieutenant Pétain et le sergent-chef Barat vont payer de leur vie. Nul ne les reverra vivants. Leur avion est abattu par la Flack dans le secteur d’Ervette  près de Gand. Les trois aviateurs sont tués sur le coup. Clément Pineau repose désormais dans le caveau familial de Saint-pierre de- Melle.






                                                                  Paizé le Tord     cimetière

Né en 1918 à Chail dans le pays mellois, Ernest Jousseaume alias « Fernand » s’engage rapidement dans le métier des armes. Militaire de carrière, il est aspirant en 1940, année à laquelle il est fait prisonnier. Il s’évade tour à tour, d’un stalag autrichien, d’un camp de Mûhlberg en Saxe et d’un camp disciplinaire Ukrainien pour enfin regagner la France en Octobre 1943 et Niort où habite sa famille. Aussitôt libre, il s’engage dans l’action Résistante comme agent de liaison au (NAP - service de la Résistance créé pour infiltrer les administrations et les entreprises publiques) et côtoie Robert Béchade, chef du service de la préfecture. Il est aussi en liaison avec René Groussard, notable mellois protestant et conseiller d’arrondissement. En juin 1944, ils organisent tous deux « le Maquis Fernand » en vue de continuer le combat en groupe autonome et actif.  Le groupe « Fernand » est le principal maquis Deux-Sévrien. Son fonctionnement est basé sur une discipline militaire mais son principal problème reste le ravitaillement en armes. Cette mouvance de la résistance régionale est un peu différente de la Résistance gaulliste. C’est alors que le groupe « Fernand » bénéficie de contacts dans le sud de la Vienne, avec le responsable de Civray et le commandant Maingard alias « Samuel », du SOE (Special Operation Executive), lui permettant d’obtenir des armes moyennant le passage du groupe dans L’Armée Secrète. Le Après la bataille de Melle, le groupe «  Fernand" se replie, mais le lendemain un accrochage très violent a lieu à Chey. Un mort et six blessés côté Allemand, un maquisard est tué Roger Fragut. Les hommes de Jousseaume parviennent à échapper à la traque et se réfugient dans les marais de Pliboux le 19 août.

                                                  Perigné  place de l'église

Opération Scenery I est le code d'une opération pick-up organisée pour exfiltrer vers Londres Gérard Kaisin (Alex) (responsable du réseau franco-belge Zéro-France) et Joseph Dubar (Jean du Nord ou Jean de Roubaix) du Poste de Commandement Belge. L'équipe niortaise du réseau de renseignement Delbo-Phénix choisit un terrain isolé près de Périgné (à 25 km de Niort). L'opération se déroule dans la nuit du 16 au 17 novembre 1943. L'équipe de réception se compose de Jean Depraetère (chef du réseau de renseignement belge Delbo-Phénix), Louis Michaud , Albert Luyckx (Keeper) (radio du réseau de renseignement Delbo-Phénix) auxquels se sont joints Marcel Pairault et les deux agents devant quitter la France. Cette nuit-là, la brume envahit la campagne. Le pilote, Robin Hooper, réussit à se poser après deux tentatives infructueuses. Mais la zone d'atterrissage est détrempée. Au freinage, les roues du Lysander se bloquent et s'embourbent. L'appareil s'immobilise définitivement

                                                 Périgné     lieu dit "la prairie"

L'équipe de réception prend en charge, à leur descente d'avion, les passagers Armand Dubois (Marcel Rayon) et Willy le Quin (Sexton). Faute de pouvoir bouger le Lysander, il est décidé de faire appel à Adolphe Fournier dont la ferme est située de l'autre côté de la route. Deux bœufs - l'un est dénommé Fridolin - sont attelés à l'avion. Le dégagement est impossible. Robin Hooper décide de détruire son appareil. Après avoir cassé ses instruments de navigation et percé les réservoirs d'huile et d'essence, il l'incendie. Seul un halo lumineux perce l'épais brouillard. Sans plus attendre, l'équipe, les passagers et les sacs de courriers prennent place dans une vieille Citroën du parc automobile des ponts et chaussées. André Bellot héberge à son domicile à Chaban de Chauray où réside clandestinement Albert Luyckx (Keeper), Robin Hooper et l'un des deux passagers. Les autres sont hébergés par Louis Michaud. Le lendemain, grâce à la complicité d'Huguette Moinard, Armand Dubois et Willy le Quin sont cachés près de Cherveux chez son père.L'en quête diligentée par les Allemands le lendemain après la découverte des débris calcinés du Lysander reste vaine.

                                                              Sompt    le Vieux Lié   (suite Parthenay)

Menée à la mi-août 1944, cette opération permet de fournir en armes les maquis du sud Deux-Sèvres. Ce parachutage, demandé par Ledoux alias Colonel Sidoux de la Vienne et obtenu par le Major Samuel de la mission "Samuel Shipwright" basée dans la Vienne, est destiné à armer les maquisards des Deux-Sèvres. Henri Laborde-Lagrave (Lamiral) et Frédéric Chollet sont chargés de rechercher un terrain pour cette opération secrète. Ils jettent leur dévolu sur le lieu dit Le Vieux Lie sur la commune de Sompt, à proximité de Chef-Boutonne. Les services aériens spécialisés de la Royal Air Force (R.A.F.) l'homologuent sous le nom de code « Aspic ». La première lettre du mot doit, à l'approche des avions, être traduite en morse par des signaux lumineux pour identifier le terrain. Un message de la BBC annonce l'événement par la phrase « Le voici enfin », répétée deux fois, pour signaler la venue de 2 avions. Le parachutage a lieu dans la nuit du 15 au 16 août 1944. Les avions larguent 21 conteneurs comprenant des armes, des munitions et des équipements. Les armes réceptionnées équipent le "groupe Lamiral" constitué par Henri Laborde-Lagrave (Lamiral) ainsi que le maquis Fernand.





                                             Sompt    le Jeune  Lié

Ecole Ida Grinspan

C’est dans cette école du Jeune Lié que fut scolarisée Ida Grinspan (son nom de jeune fille était  Fensterzab) En effet dès 1940, c’est au Jeune Lié, près de Sompt, que la jeune fille trouve refuge dans une famille d’accueil, la famille Marché. Elle est scolarisée au village et bénéficie de toute la sollicitude de son institutrice, Madame Picard. Elle y est en sécurité jusqu’au 31 janvier 1944 (tous les juifs des Deux-Sèvres sont arrêtés cette nuit là),lorsque trois  gendarmes de la brigade Melle viennent l’arrêter. Elle sera interrogée par le capitaine Emile Tizané qui cherche à savoir où se cache son père.  Puis ce sera, le camp de Drancy et la déportation à Auschwitz (elle est alors âgée de 14 ans). Elle aura la chance de revenir de cette terrible épreuve et elle publiera un livre de souvenirs en collaboration avec Bertrand Poirot-Delpech « J’ai pas pleuré »


                 Saint léger de la Martinière   stèle Henri Laborde  (suite Parthenay)

Le 7 aout 1944, le commandant Robin apprenant que son officier est repéré et probablement dénoncé é à la Gestapo, il l’envoie avec Marcel Alaterre et Roger Renaudeau dans le Mellois afin de créer un groupe de résistants FTPF et d’organiser des parachutages . Henri Laborde se charge souvent des missions les plus dangereuses. Il fait preuve d’un rare sang froid et d’un total mépris du danger. Alors les résistants multiplient les coups de main, Henri Laborde rallie les énergies éparses, fait arrêter les réquisitions de chevaux, équipe ses hommes et les organise.  Dans la nuit du 15 au 16 aout, il organise avec Frédéric Chollet un parachutage d’armes sur le terrain « Aspic » au Vieux Lié commune de Sompt. 21 containers sont parachutés, le message de Londres était «  Le voici enfin »

Le 21 aout 1944, le groupe attaque un convoi allemand et un car, à la sortie de Saint-Léger, au lieu dit « la Fayette » sur la route Poitiers-Saintes. L’engagement est violent. Henri Laborde et Marcel Alaterre tentent une manœuvre de prise à revers mais arrivent nez à nez avec un véhicule ennemi. Les deux hommes ouvrent le feu. La riposte des Allemands est tout aussi brutale et Henri Laborde, 23 ans est tué sur le coup, malgré la courageuse intervention de Marcel Alaterre qui se porte à son secours sous les balles ennemies.




                                       Saint Pierre les Melle    mur du cimetière

René Groussard est né en 1906 à la Crèche, exploitant agricole à la Gazonnière près de Melle. Prisonnier en 1940, libéré en 1941, il s’engage dans la Résistance, il y jouera un rôle de premier plan  en développant le mouvement Libération-Nord.  En liaison avec l’AS, il rassemble des hommes qui partagent ses convictions patriotiques : le commandant Bernier, Roger Aubin, Paul Gazeau (le futur maire de Melle), Marcel Morillon, Auguste Vigier, Jean Guerry, Charles Bailly. Puis il entre en contact avec Ernest Jousseaume qui organise en pays Mellois le premier maquis des Deux-Sèvres. Avec le groupe FTP des frères Tabourdeau et celui de Raymond Kopp, il engage la « bataille de Melle » le samedi  13 août. Il est capturé par les Allemands le 20 août avec Joseph Bernier et Roger Aubin. D’abord transportés à Sauzé-Vaussais, les prisonniers sont fusillés le lendemain à Ruffec avec le jeune Louis Proust.





                                    Saint -Pierre les Melle               cimetière

André Grasseau s’est engagé en 1939 à l’âge de 18ans. Il allait sortir comme aspirant de l’école d’Artillerie, lorsque la défaite survint. Son père, avocat à la Cour, et son beau-frère, le sous-lieutenant Maguin, avaient été prisonniers. Dés sa démobilisation, en juillet 1940, à l’appel du général de Gaulle, il entra résolument dans la Résistance. Il inaugura son action en faisant passer de nuit la ligne de démarcation à des officiers anglais, français et à de nombreux israélites, avant que les passages ne fussent organisés. Il fut dés l’origine de l’équipe du « libre Poitou » dont les premiers numéros étaient tapés le soir, à la machine, et diffusés ensuite par ses soins et ceux d’autres volontaires. Il collabora ensuite étroitement avec Me Renard et sur ses indications, créa et commanda une partie des groupes de combat de l’organisation. Arrêté une première fois en 1942, avec son père, il fût relâché, faute de preuves, Me Renard ayant déclaré qu’il n’avait jamais eu aucune activité et évita une première fois la déportation. André Grasseau est arrêté le 15 mars 1944, dénoncé par son ancien camarade de lycée, André Bercy (André Bercy était devenu l’interprète de Hérold commandant la Gestapo de Poitiers) André Grasseau fut torturé avec certains de ses camarades, à la prison de la Pierre levée. Il ne parla jamais, et ce qui restait des groupes de combat fut sauvé. Il est déporté  le 15 mai 1944 à  Fresnes, au camp du Struthof, puis à Mauthausen. Il est décédé le  13 janvier 1945 : opéré sans anesthésie d’une mastoïdite par un médecin grec lui-même déporté, il avait été ensuite expulsé de l’infirmerie et était décédé d’une complication pulmonaire.





                                                        Vilaine de Périgné

Joseph Pineau « Jean » est né le 12 février 1888 à Verrières. Professeur de l’enseignement public, il exerçait à Melle, il fut également directeur du Collège puis inspecteur de l’enseignement primaire. Il avait la circonscription de Melle et de Saint-Maixent. C’est ce poste qu’il occupait pendant la guerre. Dès 1942, des ingénieurs des  usines chimiques de Melle avaient été sollicités<par la Résistance  à la demande du général Faucher. Joseph Pineau était en contact avec Edmond Proust « Colonel Chaumette », instituteur dans sa circonscription. Il est nommé président du Comité Départemental de la Libération (C.D.L.) par le Comité National de la résistance (C.N.R.) le 15 mars 1944.Il exerça cette responsabilité à côté du préfet Hudeley, jusqu’à la libération.

Sources : fiches du Conservatoire de la Résistance,  site du CRRL Thouars, site Combattants du Mellois, Michel chaumet « La Résistance en Deux-Sèvres », archives particulières.

Crédit photographique : Jean-Claude Giraud, Philippe Sibileau , Michel Clisson, Michel Lacombe, Charles Voirin, Jean Faucher, Nouvelle République.