Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                      Yvon Bernard     Boismé


 Il venait d’avoir 20 ans.  Sportif de haut niveau, à peine sorti de l’adolescence, à l’orée d’une vie qui promettait d’être riche et belle, il a choisi, choisi ce qui, pour lui, était son devoir et bien décidé à l’accomplir jusqu’au bout …… quoi qu’il en coûte. C’est ainsi qu’il quitte clandestinement le 1er mars 1944, avec 45 de ses camarades et 9 cadres militaires l’Ecole des Enfants de Troupe, évacuée à Thol dans l’Ain depuis la rentrée dernière. Cet élan de patriotisme conduit ce petit groupe à s’engager dans la Résistance, en s’intégrant dans l’important maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Yvon prend le pseudonyme de « Zozo » dans la clandestinité. Le 18 juin 1944, à Ponthieu, il accroche un poste ennemi. Le 1er septembre, son unité au sein de la compagnie «  Ange A.S. » tombe dans une embuscade allemande à la Valbonne. A la veille de la libération, Yvon Bernard et dix de ses camarades périssent.

 

                                             Boismé     "Bois Roccard"


En Juin 1943, les équipes de l' O.C.M. (Organisation Civile et Militaire), de  Bressuire et Boismé, attendaient depuis plusieurs jours, par la radio de Londres (la BBC) le message convenu : " Le roi disait à la reine Victoire ". Sa deuxième diffusion confirmait l'arrivée de    5 tonnes de matériel parachutées en deux lots durant les nuits des 19 au 21 juin. C'est ainsi que chacun des acteurs concernés rejoint, dans la plus grande discrétion, le Bois Roccard de Boismé,  et prépare méticuleusement le balisage du terrain.  15 containers d'armes et de munitions sont parachutés dans la nuit du 19 au 20 juin 1943. Ce matériel est transporté à Boismé. La nuit suivante, l'opération se répète et ce sont 2 tonnes d'armes (10 conteneurs) qui sont réceptionnées et cachées dans les douves du château de Bressuire. Trois autres parachutages prévus les 13, 15 et fin juillet ne seront pas exécutés. Les Anglais savent-ils déjà que la Gestapo va procéder au démantèlement du réseau O.C.M. ?  De plus, les armes camouflées dans les douves du château seront récupérées par les Allemands en Septembre 1943.


                                              Cerizay  « La Crespelle »

Au cours des mois de Juillet et Août 1944, trois groupes de résistants se regroupent sur la commune de Cerizay. Le 22 juillet 1944, le groupe FTPF de Cerizay a participé au parachutage du Bois Rocard à Boismé et a ramené, dans la camionnette de Joseph Bauche, un stock d'armes qui a été sécurisé en 3 caches, soit : à la Gondremière chez Germain Soulard, au centre de Cerizay chez Joseph Bauche et dans un champ près de la Crespelle.  Le 20 juillet Michel Hepp de Cerizay qui est en contact avec Pierre Grador (Fonteneau) de Cholet, se déplace dans le sud de la Vienne, pour y rencontrer le Major Samuel commandant le 3ème SAS afin  d’obtenir un parachutage d'armes au bénéfice du maquis de la Crespelle. Cette opération sera  confirmée  pour la nuit du 9 au 10 août 1944 par le message «  La grenouille plonge »  et se déroulera à bonne date au dessus d’une grande prairie à proximité du camp de base.

Le 12 août, après l'attaque allemande contre le 6eme stick parachutiste du Bois d'Anjou, base de l'opération Dickens, le capitaine Fournier transfère le groupe Gervais à la Crespelle. Du 12 au 22 août, le journal de marche du capitaine Fournier note 16 opérations lancées conjointement par les parachutistes et la Résistance : embuscades, sabotages de voies ferrées, de lignes à haute tension. Les voies ferrées des Sables d'Olonne à Saumur et de Niort à Poitiers sont les plus visées. Le 22 août au matin, un engagement violent a lieu entre Cerizay et Cirières. Les pertes allemandes sont lourdes, et l'un de leurs officiers est tué. Un parachutiste, Joseph Hadj, est mortellement blessé. Le sergent-chef Gervais est également blessé. Le 23 août, le maquis de la Crespelle est évacué sur ordre du capitaine Fournier. Depuis quelques jours déjà, l'insécurité sur les axes routiers et ferroviaires est telle autour de Cerizay, que les Allemands décident, pour faciliter leur retraite, une intervention d’envergure


                                            Incendie de la ville de Cerizay

Dans le courant d’Août 1944, face à l'avancée des Alliés, les troupes allemandes font preuve d'une grande nervosité. Dans les environs de Cerizay la tension est palpable. Les habitants sont suspectés de protéger les résistants et tout particulièrement le groupe SAS du capitaine Fournier qui procède depuis mi-juillet, au harcèlement continu de l’occupant dans cette région. Les Allemands menacent la population de Cerizay de terribles représailles. Les 22 et 23 août, les Allemands mitraillent en traversant Cerizay, tuant deux civils : M. Guesdon et Mme Carpentier. Le 25 août 1944, en début de journée, les Allemands installent, à l'entrée de Cerizay, sur la route de Montravers  et derrière le cimetière, 2 canons de 150 mm avec lesquels ils bombardent la ville durant plus d'une heure. D'abord interloqués, les habitants cèdent rapidement à la panique et fuient dans la campagne environnante. Mme Mougel, Marie Boisumeau et Mme Temperault sont tuées dans cette canonnade. C'est vers 13h30 que les Allemands annoncent leur intention de brûler la ville. Ils procèdent en utilisant des grenades incendiaires lancées dans chaque habitation, de part et d’autre de la rue principale, à partir de son début côté Pouzauges, jusqu’à sa fin côté Bressuire. Cet incendie qui se prolongera dans la nuit, consume donc les deux tiers de la ville, sans que personne ne puisse intervenir. Le bilan de ces terribles journées se soldera par 5 victimes, 172 maisons sinistrées dont 104 sont totalement détruites et 664 personnes qui se retrouvent sans abri. La journée du 25 août est également meurtrière pour la petite commune voisine  de Montravers qui totalisera 8 victimes : André Schmidt, parachutiste SAS d'origine Lorraine - Madame Billy, sa fille Madeleine et sa nièce Odile ainsi que quatre otages exécutés : Charles et Théodore Bobin, Joseph Gautier et Joseph Vion.

                                                  la Chapelle Saint-Laurent

A La-Chapelle-Saint-Laurent, l'équipe de réception pour l'Organisation Civile et Militaire cache en divers endroits les armes et munitions réceptionnées suite au parachutage effectué à « Villeneuve » (commune de Neuvy-Bouin). Après le premier parachutage réalisé dans la nuit du 12 au 13 mars 1943, six conteneurs d'armes et de munitions sont transportés le lendemain dans  la ferme de "Villeneuve" jusqu'au domicile de Jean Turpault. C'est dans une charrette à bœufs, conduite par Calixte Vendé et sous plusieurs mètre cubes de fumier que voyagera le précieux chargement. Un inventaire détaillé des armes et munitions réceptionnés sera effectué dans la journée du 13. La nuit suivante, le tout sera stocké dans le caveau de famille de Jean Turpault situé dans le cimetière de la Chapelle-Saint-Laurent. Cette mission est confiée à Constant Votion et Marcel Blaiseau. Un second parachutage a lieu le 14 juin 1943. Treize conteneurs sont réceptionnés par l'équipe (soit 2,5 tonnes d'armes et de munitions, 2 postes émetteurs et 3 postes récepteurs). Frédéric Faucon transporte et stocke le tout dans son atelier installé près de la gare de La-Chapelle-Saint-Laurent.







                                        Bressuire place de la Libération

La place de la Libération a été inaugurée le 24 juillet 1948 par le général De Gaulle. C'est de cette place qu'est parti, le 7 septembre 1944, le défilé de la Libération.

 

                               Stèle de la résistance, place de la Libération

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a appelé les Français à poursuivre la lutte sur les ondes de la BBC à Londres mais rares sont ceux qui l'ont entendu. En 1941, par patriotisme, défense des valeurs républicaines ou par simple volonté d'agir, les docteurs Cacault, Bernard et Ichon 

s'engagent isolément dans la lutte clandestine. Ils intègrent respectivement le réseau de renseignement « Confrérie Notre-Dame » dépendant du BCRA de la France libre et le réseau Alliance sous l'autorité de l'Intelligence Service britannique. L'objectif est de renseigner les Alliés sur les infrastructures militaires et les mouvements des troupes allemandes. Le docteur Ichon, médecin-chirurgien à l'hôpital de Bressuire, arrêté le 21 décembre 1943 puis déporté, est exécuté le 2 septembre 1944 dans le camp de concentration de Natzweiller-Struthof. Le docteur Bernard, quant à lui, constitue les premiers groupes autonomes incluant des cheminots bressuirais.

                                  L'Organisation civile et militaire en Bressuirais

La rencontre en Février 1943 entre le docteur Bernard et Didier Delahaye - de la Chapelle Saint-Laurent, responsable régional du mouvement de résistance Organisation civile et militaire – permet l'intégration des groupes autonomes dans cette vaste organisation à l'échelle de toute la façade ouest de la France et, pour le Nord Deux-Sèvres. La mission confiée est double : poursuivre des actions de renseignement, mais aussi réceptionner les armes et munitions parachutées par les Alliés. Sous la direction des docteurs Bernard et Cacault, les équipes réceptionnent, au cours des nuits du 19/20 juin et 20/21 juin 1943, cinq tonnes d'armes et munitions parachutées au Bois Rocard, à Boismé.

A partir d'Août 1943, la Gestapo, services répressifs allemands, démantèle l'Organisation civile et militaire en Nord Deux-Sèvres. 52 résistants sont arrêtés dont 42 déportés dans les camps de concentration nazis. Parmi eux figure Marcel Labbé, transporteur à Bressuire. Le docteur Cacault et l'horloger Charles Delavault ont réussi à s'échapper. Les autres membres de l'équipe Bressuire/Boismé ne seront pas inquiétés.

                                                Château de Bressuire


En 1943, le mouvement Organisation Civile et Militaire entrepose plusieurs tonnes d'armes et de matériel issu des opérations de parachutages menées dans le Bocage, dans les douves du château de Bressuire. Les douves du château ont servi de cache au matériel réceptionné lors de plusieurs parachutages organisés dans le courant du premier semestre 1943. Il s'agit des opérations de : Villeneuve à Neuvy-Bouin, Bois-Rocard de Boismé. Au cours du mois de septembre 1943, les Allemands découvrent la cache d'armes du château de Bressuire, des armes qui manqueront aux résistants au moment de la Libération.


                                              Bressuire      près de la gare


Stèle hommage aux  victimes de la communauté juive de Bressuire arrêtées et déportées

lors des deux rafles d'octobre 1942 et du 31 janvier 1944.

                                 On peut lire 17 noms sur la stèle :


CERF Mathilde, CERF Raymond , CERF René,  GOLDBLAT Binem , GOLDBLAT Liba ,

GOLDSTEIN Hermann , GRUNSLAC Rosa , NARCYZ Mordka , NARCYZ Nora , ROTSZEJN Félix , ROTSZEJN Isaac , ROTSZEJN Minka , ROTSZEJN Sammy , SPIRA Georges, SPIRA Jacqueline ,  SPIRA Nelly , ZANGIER Jeanine




 

                                             Bressuire  -  rond point de Bocapôle

Le 26 août 1940 vers 19h30, un camion et deux voitures de tourisme pleins de soldats Allemands s'arrêtent sur la route, devant une ferme à Taillepied.  Les hommes sont en plein battage. Quatre soldats entrent dans la cour et demandent aux hommes de sortir sur la route. Brusquement, sans raison apparente, ils ouvrent le feu. Le jeune Guy Foucault, 12 ans est atteint par un projectile au côté droit, il décédera à l'hôpital. Il était né le 14 février 1928 à Chef-Boutonne. Son père Maurice Foucault, receveur des contributions indirectes à Bressuire racontera que son fils avait été invité par le fermier M. Brossard de Taillepied pour aller voir les battages.





                                            Gare de Bressuire     mur extérieur








Plaque hommage à trois victimes de la guerre : Jean Boy, Eléonor Héry, Raymond Séris

                                                            Maisontiers

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 1944, un bombardier Lancaster LM484 décolle de la base R.A.F. Woodhall Spa à 21h20 pour effectuer un raid sur les installations ferroviaires de Givors. Il fait partie d’une force de 178 Lancaster et 9 mosquito alloués à cette mission. Au passage au-dessus de la ferme de Champoirier, un violent combat l’oppose à l’aviation Allemande. L’avion anglais gravement touché, largue dans un premier temps quatre bombes dont une seule explose à 200m de la ferme. Après avoir lâché une cinquième bombe, l’appareil tombe en flamme près de la ferme des Taconnières. Dans ce combat l’aviation Allemande perd également un appareil qui s’écrase près de la ferme de Fougery, commune d’Amailloux. Les sept membres de l’avion anglais périssent carbonisés. IL s’agit de : R.G. Turvey le pilote, T.F. Galbraith, le navigateur, L. Rothwell  le radio, E. Graham, J.H. GIlliver, J.G.Pearse et R. Thair. Ces hommes furent inhumés sans cérémonie, seul le curé, le maire et son épouse furent autorisés à les accompagner au cimetière.




                                               "Le bois de 10h" de Maisontiers

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 1943, 17 résistants du mouvement Organisation Civile et Militaire (OCM) réceptionnent trois tonnes d'armes parachutées sur le terrain dit de « La grande Prairie » à proximité de Maisontiers. Le message de Londres était « Si je meurs, venge-moi » Trois tonnes d'armes, réparties en 16 containers de 150 kg .Une faible partie des armes est transportée à Ripère et cachée par Arsène Bonet. Le reste est acheminé à Saint-Loup-sur-Thouet dans le garage du docteur Bouchet puis transporté à nouveau dans le clocher de l'église de Louin par André Boutin et Rémi Loubeau. Le samedi 7 août, dès l'arrestation d'Eugène Brisset, responsable OCM de Parthenay, le groupe de Maisontiers décide de changer les armes de place. Dans la nuit même Ernest Cailleau les transporte avec son cheval et sa carriole de la ferme des " Brûlots " au " Bois de dix-heures ", cachées sous des fagots de bois. Le 9 aoùt 1943, la plupart des résistants sont arrêtés. En juillet 1944, des armes de ce parachutage du " Bois de dix-heures " conservées et entretenues par les épouses des résistants arrêtés, Mesdames Grimault, Geantet et Bonet, sont remises à Gabriel Cailleau qui les livre à Messieurs Moreau et Robert Cailleau du maquis de la région de Parthenay.

                                                        Moncoutant

Dès l’automne de 1945, les rescapés du réseau OCM pour le canton de Moncoutant ont pris toutes dispositions pour permettre la construction d'un monument à la mémoire de leurs camarades déportés résistants victimes de la barbarie nazie. La souscription lancée à ce titre eut un succès inespéré  qui permit une très rapide mise en œuvre du projet.

                                            La vie Moncoutantaise pendant l'occupation

Avec une équipe municipale acquise aux options de Pétain et soutenue par une bonne partie de la bourgeoisie locale, l'ambiance dans la cité, durant cette bien triste période, fut sensiblement marquée par une opposition forte entre Gaullistes et Vichyssois. Des réactions  favorables ou opposées à l'occupant ont marqué l'histoire locale. Qui se souvient de cette personne qui s'était surnommée "la petite baronne" et qui, dès Juin 1940, affichait un large portrait d'Hitler dans son entrée, bien visible de la rue. Elle fut le point d'accueil et de ravitaillement de l'occupant jusqu'au départ du dernier militaire allemand en 1944.

Mais il y a eu aussi ces réactions individuelles faites de gestes spontanés qui, au jour le jour, marquaient une forte opposition aux contraintes de l'occupation. Faut-il rappeler cette altercation violente dans un café de la localité où un officier SS ivre debout sur une table vantait les mérites de son "Führer" à pleine voix. Maurice Clisson, présent dans la salle, répliqua avec un geste expressif en disant qu'Hitler était un fou dangereux. Le militaire, furieux, le menaça de son révolver. Au cours de la semaine suivante, Maurice Clisson fut convoqué à la Kommandantur de Moncoutant, puis transféré à celle de Parthenay. L'accusé, très calme, faisant valoir l'état d'ivresse du militaire et son comportement, réfutant l'un après l'autre tous les arguments avancés dans cet interrogatoire, alla jusqu'à se porter partie plaignante en parlant de provocation. Ayant eu finalement gain de cause, il demanda à être reconduit à son domicile, ce qui fut fait. Mais au terme de cette dure séance, tenant compte des nombreux détails qui venaient de lui être rapportés, Maurice Clisson avait désormais la certitude que la Gestapo bénéficiait d'un informateur local, et qu'il était sous surveillance.



                                             Jack Brack

Étudiant. Originaire de la Région Parisienne. Il est capturé, en Sologne, par les Allemands le 10 juin 1944, avec 40 membres du corps franc " Liberté " venant rejoindre la Résistance des Deux-Sèvres. Détenu à la prison d'Orléans. Transféré à Compiègne, puis à Dachau le 2 juillet 1944, au camp de Neckagerach. Il y décède du typhus le 25 novembre 1944. Il inhumé dans un cimetière Israélite près de Bineau.

                                             Henri Gourdon                      

Henri  Gourdon est né le 25 août 1891 à Cirières. Mobilisé en 1914, il est blessé à Verdun en 1916 et à Saint-Quentin en 1918. Il se distingue par une conduite et un courage exemplaires  qui lui valent 3 citations : « Sous-officier énergique et plein d’allant qui, le 7 mai 1916, après un bombardement de 36 heures, sous lequel il a su maintenir sa troupe, a entraîné ses hommes dans une vigoureuse contre-attaque au cri de Vive la France. Grièvement blessé par un éclat d’obus, est resté à la tête de sa section jusqu’à la nuit. » signé Joffre. Il termine la guerre avec le grade d’adjudant-chef. Marié il est père de deux enfants : Camille et Raymond. A l’automne 1942, il prend la tête d’une manifestation contre le S.TO. qui vient de désigner 80 Moncoutantais pour aller travailler dans les usines allemandes. Il porte le drapeau à l’avant d’un groupe d’une centaine de personnes, puis arrivé devant le monument aux morts de 1914/1918, il entonne « La Marseillaise » qui est reprise en chœur par l’assistance. L’écho de cette manifestation parvient jusqu’à Londres qui en cite l’exemple dans l’émission «  les Français parlent aux Français ». Henri Gourdon est arrêté, transféré à Thouars, soumis à un sévère interrogatoire, puis  finalement relâché. Il s’engage dans le mouvement O.CM. en 1943.  Arrêté le 9 août 1943, incarcéré à la prison de la Pierre-Levée, il est déporté à Buchenwald, puis à Mauthausen où il subira le terrible régime de ce camp. Totalement épuisé, il ne pèse plus que 34 kilos. Agonisant, il a la chance d’être pris en charge le 27 avril 1945 par la  Croix Rouge Suisse. Il n’aurait pas tenu 24 heures de plus. Il lui faudra plus d’une année de soins pour retrouver une vie convenable. A son retour, il aura  aussi l’immense chagrin d’apprendre le décès à 26 ans de son fils aîné Camille, engagé dans un maquis à Lussac-les-Châteaux (86) et blessé mortellement par accident au cours d’un violent accrochage.


                                             Camille Gourdon

Camille Gourdon naît à Moncoutant le 12 juillet 1918. Militaire de carrière, il épouse Jeanne Mallet dont il a deux enfants : Jacky et Christian qu’il n’aura pas la joie de connaître puisque né après sa mort. Lui, le sportif, le militaire n’admet ni la défaite, ni l’occupation, ni Pétain. Après avoir démissionné de l’armée, il devient porteur de pain à la Coopérative de Claveau. Alors que son frère est emmené en Allemagne pour travailler, Camille, comme son père devient un résistant actif comme membre du réseau O.C.M. En Juillet 1944, il reçoit l’ordre de rejoindre le groupe F.F.I. de Lussac les Châteaux.  Lors d’un violent accrochage avec une division blindée à Lussac-Les-Châteaux, Camille Gourdon est accidentellement mortellement blessé et décède à l’hôpital de Montmorillon le 4 août 1944. Ses deux camarades : Daniel Fradin et Jean Rousseau sont faits prisonniers au cours de cette opération. Déportés en Allemagne, seul Jean Rousseau  aura la chance de rentrer.

                                             Daniel Fradin

Daniel Fradin est né à Moncoutant le 23 février 1920. Après le certificat d’étude, il est reçu au concours de l’armée de l’air à Rochefort où il fait un apprentissage de mécanicien. Mobilisé, il est à Villacoublay quand les Allemands envahissent la France. Avec quelques camarades, il tente sans résultat de rejoindre l’Afrique du Nord. Immobilisé à Perpignan, il fait connaissance de Gaby Lafon qui va devenir son épouse. En 1943, recherché comme réfractaire, il se cache au village du Noirvault où il fait connaissance de Camille Gourdon et de Jean Rousseau qui sont dans la même situation que lui. Ils rejoignent ensemble le groupe FFI à Lussac les Châteaux. Arrêté le 4 août 1944, emprisonné à la  Pierre-Levée, il est mis dans le dernier train partant de Compiègne vers Buchenwald. Il est désigné pour l’enfer des mines de sel de Stassfurt. Il y meurt le 5 avril 1945, quelques jours avant l’arrivée des Américains. Son corps pourra être identifié grâce à son alliance et il repose dans le petit cimetière d’Alenya (Pyrénées Orientales) Le 20 avril 1945, 15 jours après sa mort, naissait à Alenya, sa fille Danièle.


                                             Jean Daguisé           

Jean Daguisé naît à Moncoutant le 9 décembre 1905. Marié, père de deux enfants, il est mobilisé en 1939 et se bat sur le front des Ardennes. Requis au titre du STO, il déserte le chantier de La Rochelle, avec la complicité d’un mécanicien  de Moncoutant disposant d’un « gazogène », 24 heures après son arrivée. Il s’engage dans le réseau O.C.M. au début de 1943. Il participe à plusieurs parachutages d’armes qui sont ensuite dissimulées chez son fermier à la Berderie de la Ronde. Arrêté par la Gestapo le 9 août 1943, il est incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers. Au cours de ses interrogatoires,  prenant l’entière responsabilité du dépôt d’armes chez son fermier, il fait libérer ce dernier en faisant valoir qu’il  n’a pas été informé. Transféré à Compiègne, il est déporté le 12 janvier 1944  au camp de  Buchenwald  puis affecté le 5 septembre 1944 au Kommando d’Elrich d’où il sera dirigé  le 3 mars 1945 sur Dora dans un très mauvais état de santé. C’est dans ce lieu que l’on perd définitivement sa trace, aucun témoignage n’ayant pu être recueilli sur les circonstances exactes de sa disparition.


Maurice Clisson naît le 21 novembre 1901 à la Chapelle-Thireuil. Marié, père de quatre enfants, il est mobilisé en 1939. Il évite la captivité. Mais il n’accepte pas la présence Allemande, il a en 1941 et 1942, plusieurs altercations avec l’occupant à Moncoutant.La plus grave lui vaut une convocation à la  Kommandantur de Parthenay. Engagé en octobre 1942 dans le réseau O.C.M. il prend la responsabilité avec Henri Gourdon, Jean Daguisé et Fernand Gilbert, de constituer une section locale d’intervention de plus de 20 personnes. Il participe à plusieurs parachutages d’armes en assurant le transport avec son propre véhicule. Arrêté par la Gestapo, le 9 août 1943, il est soumis le jour même à une succession de d’interrogatoires avec violences et tortures d’abord à la gendarmerie de Moncoutant puis au village de la Guerche,  où il a le bras cassé. Incarcéré à la Pierre-Levée, il est mis au cachot pendant 40 jours où se sont poursuivis les interrogatoires et les tortures. La Gestapo veut connaitre le nom des engagés dans la section locale. Malgré ce régime extrême, Maurice Clisson ne livrera aucun nom. Il est le seul détenu parmi les 28 camarades du réseau O.C.M.arrêtés en Août 1944 à qui l'on a  refusé le droit de visite de sa femme.  Déporté d’abord au camp de Buchenwald, puis à celui de Flossenbürg. Il sera affecté le 5 mars 1944 au Kommando de Hradistko près de Prague. Il y sera fusillé le 11 avril 1945.

                                     Montravers   cimetière

Monument des Fusillés - "Ici sont tombées et reposent les innocentes victimes de la barbarie nazie le 25 août 1944" 

Billy Madeleine 44 ans, la mère

 Billy Madeleine 21 ans, fille

 Billy Odile, fille, 15 ans

 Bobin Charles, 42 ans

 Bobin Théodore, 45 ans

 Gauthier Joseph, 35 ans

 Schmitt André, 20 ans,  parachutiste SAS

 Vion Joseph, 59 ans



                                    


                                    La Ronde     "la Berderie"

La ferme de la Berderie de La Ronde appartenant Jean Daguisé  a servi de lieu de stockage et de dissimulation des 6 conteneurs d’armes et de matériels parachutés au cours du printemps 1943 et attribués au groupe O.C.M. de Moncoutant. Transportés par Maurice Clisson depuis la Chapelle St Laurent, ces 6 conteneurs furent soigneusement installés et parfaitement dissimulés sous un énorme tas de fagots par Henri Gourdon, Jean Daguisé, et Maurice Clisson en présence du fermier à qui l’on a fait croire qu’il s’agissait de futs d’essence. Ce n'est que le jour de son arrestation, le 9 août 1943, que ce dernier découvrira la vraie nature des « futs » qui lui ont été confiés. Il sera libéré en Octobre, Jean Daguisé l’ayant déchargé de toute responsabilité dans cette affaire                                                 


                                             L'Absie      «  le Margat  »    

Le 17 juillet 1944, à la suite d’une erreur de repérage, 5 officiers alliés dont un Français sont parachutés de nuit dans la zone de Courlay (79). Ce dernier, arrivant dans l’agglomération de la Plainelière, se dirige vers la seule lumière lui donnant signe de vie. C’est un boulanger   M. Husseau, déjà à l’ouvrage dans son fournil, qui lui manifeste sa plus grande surprise. Mais  très vite, après un court échange avec ce visiteur nocturne, il s’emploie à lui organiser la suite. Connaissant bien Georges Rivard qu’il suppose en relation avec la Résistance, il engage ce premier contact qui permettra à nos égarés de parvenir en trois étapes au « Margat » village de l’Absie.

Parachutées en France après le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, ces équipes, identifiées sous le nom « Jedburg », spécifiquement entraînées et bien équipées ont pour mission d'entrer en contact avec les groupes locaux de résistance dans des zones stratégiques où les effectifs sont suffisants, mais où  il est nécessaire d’apporter un soutien en renforçant la structuration des unités et en procédant à la répartition des missions en vue des combats de la libération. Chaque équipe Jedburgh comprend  3 hommes : 2 officiers (dont un Français) et 1 opérateur radio. L'équipe Jedburg " Harold " qui a été parachutée le 17 juillet 1944 se compose du Major Edward Whitty (Ross) (SOE britannique) du lieutenant français Pierre Jolliet (Raimbaud,Tyrone) et du sergent anglais Harry Verlander (Sligo), opérateur radio. De plus, ont été parachutés conjointement 2 officiers du Special Air Service : le capitaine Burt (Britannique) et le lieutenant Poisson (Français) qui constituent un détachement précurseur du 3ème SAS dont l'objectif est la mise en place de l'opération "Dickens". Du fait de l’erreur de localisation, les hommes ont atterri à 25 km au nord-est, sur la commune de Courlay (Deux-Sèvres). Le matériel radio, tombé brutalement sur le fournil du boulanger de la Plainelière à Courlay, est hors d’usage du fait d’un contact brutal. Le quartz de l'émetteur a cependant été récupéré par le lieutenant Jolliet. Prenant contact avec la résistance locale, l'équipe a été acheminée vers la ferme du Margat à l'Absie où elle est prise en charge par le groupe de Fernand Gougeard, responsable de l'Armée secrète dans le secteur. Privés de son matériel radio, le major Whitty et son équipe se cachent pendant une dizaine de jours dans les bois de l'Absie sous la protection des résistants locaux. Aidés de Fernand Gougeard, ils établissent un poste de commandement dans les bois du Margat. Grace au réseau  Éleuthère, le contact avec Londres est établi et la mission peut alors organiser les parachutages d’armes prévus pour le réseau.

                                             Moncoutant         « Le Noirvault »

Dès l'année 1942, dans un village situé à cinq kilomètres de Moncoutant : le Noirvault, des familles juives sont hébergées grâce à Madame Noémie Fradin qui, aidée de toute sa famille et de la plupart de ses voisins, se dévoue inlassablement pour assurer leur bien-être et leur sécurité. Sa fille Eva institutrice dans la région Parisienne, compte parmi ses amis, des juifs menacés par la Gestapo. Pour les sauver, elle les envoie au Noirvault. Un résistant juif d'origine polonaise prénommé Lova (aujourd'hui grand médecin spécialiste) fut le premier à y faire un séjour. Dans ce village retiré, les réfugiés ont le sentiment d’être à l'abri de tout danger. Au printemps de l'année 1944, des réfractaires au S.T.O. et des maquisards, dont deux Belges, bénéficient eux aussi de sa chaleureuse hospitalité. Un jour, à la suite d'une dénonciation concernant l'action de Madame Fradin, deux hommes de la Gestapo, flanqués d'un interprète français, viennent enquêter à son domicile d'où elle est provisoirement absente. Dès leur arrivée, grâce à un bel élan de solidarité, trois jeunes femmes juives réfugiées et quatre enfants juifs qui fréquentaient l'école de Pugny, sont avertis du danger. Tous, ainsi que trois enfants en bas âge, sont cachés dans des refuges immédiatement mis à leur disposition dans des fermes isolées. Madame Fradin est conduite à Niort pour y subir un long interrogatoire. Très habilement, elle joue le rôle d'une pauvre paysanne bornée, réussissant à donner le change et à éviter l'arrestation. Dès que la voiture de la Gestapo avait été aperçue dans le village, les réfractaires et les maquisards avaient disparu dans la campagne. Peu après, ils quittaient la région sous la direction du fils de Madame Fradin, Daniel, et de Camille Gourdon, pour rejoindre un maquis de la Vienne.


Sources : fiches du Conservatoire de la Résistance,  site du CRRL Thouars, site Combattants du Mellois, Michel chaumet « La Résistance en Deux-Sèvres », archives particulières.

Crédit photographique : Jean-Claude Giraud, Philippe Sibileau , Michel Clisson, Michel Lacombe, Charles Voirin, Jean Faucher, Nouvelle République.