Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                               PARTHENAY 22 octobre 2016

                     La promenade André-Patou inaugurée

Au côté de Xavier Argenton, la famille d'André Patou s'est recueillie devant son lieu de naissance. Dix ans après sa disparition, l'amiral André Patou a été honoré, hier après-midi, à Parthenay, par la municipalité et le Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres.

En présence de sa famille et d'anciens combattants, un panneau d'information a d'abord été dévoilé devant l'école d'arts plastiques, située au 35, boulevard de la Meilleraye, où naquit l'ancien chef de l'état-major de la Marine, le 5 juillet 1910. Les participants ont ensuite descendu la rue pour rejoindre la promenade baptisée du nom de celui qui fut aussi membre des Forces navales françaises libres, comme décidé au conseil municipal du 22 septembre. Sur cet espace vert surplombant la vallée du Thouet, une plaque commémorative en granit a été inaugurée, après la levée de drapeaux.

" Un homme illustre "

A la tribune, Xavier Argenton a justifié le choix d'André Patou pour baptiser le lieu. « Il est né à Parthenay. Toute une ville pense à cet homme devenu illustre par la carrière qu'il a embrassée. C'est une reconnaissance pour celui qui a choisi de lutter, de résister et de démissionner quand la situation l'exigeait », a déclaré le maire. Particulièrement ému, Pierre Patou, son fils, a enchaîné en revenant sur le parcours de l'homme et sa personnalité. « Ce n'était pas un père toujours facile, il parlait peu et surtout pas de lui-même », indique-t-il, avant de raconter « son premier acte de désobéissance », le 5 juillet 1940, au Caire, évitant une bataille navale entre Anglais et Français.  TEXTE NR

                Texte inauguration de la plaque André Patou

Il y avait à l’endroit où nous sommes aujourd’hui, deux petites maisons adossées aux remparts, elles furent rasées dans las années 80. C’est dans l’une d’elles, précisément à l’angle de la rue, au N° 27  qu’est né André Patou chez une sage femme nommée Marie Cluzeau. Ce que fut sa carrière, d’autres vous la raconteront mieux que moi tout à l’heure, notamment son fils présent aujourd’hui. André Patou rejoindra très tôt la France Libre en septembre 1940 et le général De Gaulle fera de lui l’un des 1038 compagnons de la Libération.

 L'ordre de la Libération a été institué pendant la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle, chef des Français libres  le 16 novembre 1940 et clos en 1946. 1038 compagnons furent nommés auxquels il faut ajouter cinq communes françaises et dix-huit unités combattantes. 270 ont été nommés à titre posthume et 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 d'entre eux ont survécu à la guerre.

L'insigne de l'Ordre est la croix de la Libération, un écu de bronze rectangulaire portant un glaive, surchargé d'une croix de Lorraine et portant au revers la devise : "PATRIAM SERVANDO VICTORIAM TULIT" (« En servant la Patrie, il a remporté la Victoire »). Le ruban de la décoration symbolise l'état de la France en 1940. Il allie le noir du deuil au vert de l'espérance. Neuf  Deux-Sévriens furent faits compagnons de la Libération : Jean Cavaillès dont nous avons honoré la mémoire à Saint-Maixent, l’amiral André Patou aujourd’hui à Parthenay. Marcel Vincent né à Azay sur Thouet, René Bineau à Vasles, Pierre Beaugrand à Saint-Laurs, Abel Billy à Saint Porchaire, Noël Castelain à Niort, Henri Ingrand à Echiré et Albert Marteau à Verrines sous Celles. Trois d’entre eux sont morts au combat. Noël Castelain, pilote de l’escadrille Normandie Niémen fut abattu en plein ciel sur le front soviétique le 16 juillet 1943. Jean Cavaillés fut fusillé à la citadelle d’Arras le 17 février 1944 et Abel Billy fut tué après le débarquement de Provence lors de l’assaut du golf hôtel à Hyères le 23 aout 1944.

Cette plaque que nous allons dévoiler dans un instant est un hommage rendu par la ville de Parthenay et le Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres, au grand Résistant que fut l’amiral André Patou

Avant de laisser la parole au fils de l’Amiral Patou, je voudrais vous dire quelques mots sur le Conservatoire de la Résistance et de la déportation des Deux-Sèvres, initiateur  de cette cérémonie. Il fut créé en 1986 à la demande du Docteur Daniel BOUCHET et de Gérard PICHOT  anciens Résistants-Déportés du réseau O.C.M. Ces fondateurs avaient comme objectif, dès l’origine,  de pérenniser la mémoire et l’histoire de la Résistance, à travers ses actions mais aussi ses victimes, à savoir ses combattants, internés, déportés ou exécutés.

La première action fut de recenser les lieux où sont déroulés les événements et les combats de la Résistance. Puis ce fut le balisage du patrimoine mémoriel avec la pose de stèles, de pupitres explicatifs et de plaques commémoratives, comme l’exemple de Parthenay il y a deux ans et de  Bressuire cette année.

Ce fut aussi la constitution d’un fond d’archives et de documentation ouvert aujourd’hui aux chercheurs, aux historiens et aux élèves.

 Il ne restait plus qu’à imaginer une base pérenne et complémentaire à vocation documentaire et pédagogique. L’idée se concrétisa avec la création du « CENTRE REGIONAL RESISTANCE ET LIBERTE ». Cette structure éducative, reconnue par le Rectorat de Poitiers, reçoit chaque année plus de 4000 scolaires de notre région Ouest. L’action du Centre « Résistance & Liberté » doté d’un espace muséographique, d’un centre de documentation et d’une salle audio-visuelle permet de proposer chaque année une programmation culturelle qui participe à la diffusion de l’histoire de notre territoire. Ces deux institutions se complètent donc parfaitement dans une démarche commune.

Merci de votre attention      Jean-Claude Giraud

Crédit photographique : Albert Boivin Chantal Clisson

                    Biographie de l'amiral André Patou


André Patou est né le 5 juillet 1910 à Parthenay (Deux-Sèvres) ; orphelin, il est élevé par ses grands-parents. Il entre à l'Ecole navale en septembre 1929 et en sort avec le grade d'enseigne de vaisseau. Lorsque survient la déclaration de guerre en septembre 1939. Promu lieutenant de vaisseau en octobre 1939, il refuse l’armistice et quitte son bâtiment à Alexandrie le 10 juillet 1940 pour rejoindre la France libre naissante, avec quelques camarades de la Marine, parmi lesquels Honoré d'Estienne d'Orves et Roger Barberot. Après un long périple par le Cap de Bonne Espérance, il gagne l'Angleterre fin septembre 1940 avec d'Estienne d'Orves et s'engage dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Dès le mois de novembre 1940, il embarque en qualité d'officier canonnier sur le Triomphant qui est envoyé dans le Pacifique pour y assurer la défense des possessions françaises au moment de l'agression de Pearl Harbour. Le Triomphant assure notamment de délicates missions d'évacuation de population sur les îles Nauru et Océan. Promu capitaine de corvette en janvier 1942, André Patou prend, en février 1943, après deux mois de service comme chef de cabinet de l'amiral Auboyneau à Londres, le commandement du torpilleur La Combattante avec lequel il participe aux opérations en Manche. Le 25 avril puis le 13 mai 1944, au cours d'engagements face à des vedettes rapides, il parvient à en couler deux, en endommageant plusieurs autres et mettant en fuite le reste de la formation. Le 6 juin 1944, lors des opérations du débarquement de Normandie, André Patou commande La Combattante qui est chargée d’escorter les troupes canadiennes. Il conduit le général de Gaulle en Normandie le 14 juin 1944. A nouveau en Manche, les 26 et 27 août 1944, La Combattante, bien que touchée par l'ennemi, réussit à détruire quatre bâtiments allemands. En 1965 André Patou est promu au grade d'amiral et, jusqu'en 1967, il est Préfet maritime de Brest et commandant en chef de l'Atlantique. André Patou est décédé à Paris le 10 juin 2006. Il est inhumé à Loix-en-Ré en Charente-Maritime.