Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

                                      Les Deux-Sèvriens compagnons de la Libération

                                                         Abel Billy

Abel Billy est né le 13 octobre 1909 à Saint-Porchaire (Deux-Sèvres). Son père, sous-lieutenant, mutilé de 14/18, était secrétaire de mairie. Après des études secondaires, il passe le concours de percepteur et entre dans les services de la Trésorerie générale. Détaché comme inspecteur à la Trésorerie générale de Brazzaville, il est mobilisé sur sa demande en 1939, malgré une grave myopie qui l'avait réformé et classé "service auxiliaire". Il entend l'appel du 18 juin, et, refusant l’armistice, concourt au ralliement du Congo à la France libre, le 28 août 1940. Le même jour, il s'engage dans les Forces françaises libres. Soldat de 2e classe, caporal puis sergent, il est affecté, début janvier 1941, après quelques mois d’instruction, à la 4e Compagnie du 1er Bataillon de marche de l’AEF . Rapidement, il quitte l’AEF avec son unité pour prendre part aux opérations de conquête de la Syrie où il est blessé d'une balle à l'épaule, le 14 juin 1941 1942. Fin mars 1942, avec son bataillon, Abel Billy est dirigé vers le Tchad. Il se distingue comme chef de section pendant les campagnes de Libye et de Tripolitaine, et tout particulièrement dans la conquête du Fezzan, avec la colonne Leclerc de novembre 1942 à mai 1943. Il participe notamment aux combats de Gatroun et à la prise de Mourzouk en janvier 1943. Restant stationné à Mourzouk jusqu’en mai 1943, il passe, en Tripolitaine et est affecté, après la dissolution du BM 1, à la 6e Compagnie du 2e Bataillon de la Brigade du Tchad du commandant Massu, au sein de la 2e DFL du général Leclerc. Il prend part à la campagne d'Italie, où il débarque en avril 1944, et au débarquement de Provence en août 1944. Lors de l'assaut du Golf Hôtel à Hyères, transformé en blockhaus par les Allemands, le sous-lieutenant Abel Billy est tué, le 21 août 1944, d'une balle dans le cou, alors qu'à la tête de sa section, il remportait l'objectif. D’abord inhumé au cimetière militaire de La Londe Les Maures dans le Var, son corps a été transféré dans le caveau de famille de Sauzé-Vaussais dans les Deux-Sèvres. Son frère Henri qui servait dans la Résistance au sein du réseau Alliance est mort en service aérien commandé en décembre 1945.

                                                                     Albert Marteau

Albert Marteau est né le 23 mai 1911 à Verrines-sous-Celles dans les Deux-Sèvres, de parents jardiniers horticulteurs. Il s'engage dans la Marine en 1928 comme radio volant de l'Aéronavale puis sert dans le Génie à partir de 1933 comme télégraphiste au Maroc où il est cité à l'ordre du Régiment. Affecté en septembre 1939 comme chef de quart à la compagnie des réseaux radios du territoire au Fort d'Issy-les-Moulineaux, il se porte volontaire pour le corps expéditionnaire de Norvège où il est chef d'un détachement de radios. A son retour en France, à Brest, le corps expéditionnaire, devant l'avancée allemande, doit rembarquer pour l'Angleterre. A Londres, le 26 juin 1940, Albert Marteau s'engage dans les Forces françaises libres. D'abord affecté au 3e Bureau de l'Etat-major de la 1ère Brigade des FFL, il est muté en août 1940 comme radio à la compagnie de transmissions du corps expéditionnaire avec lequel il participe aux opérations de Dakar et du Gabon sur le Savorgnan de Brazza. Volontaire en janvier 1941 pour servir dans l'aviation, Albert Marteau contracte un engagement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) à Brazzaville et est affecté à la 2e Escadrille de Bombardement sous les ordres du commandant Goumin. Albert Marteau, en qualité de radio-mitrailleur, participe, du 27 avril au 2 mai 1941, au convoyage des avions de Gold Coast en Egypte. Le 16 mai 1941, alors qu'il lance sur Beyrouth des tracts invitant les troupes françaises à se rallier à la France libre, il est blessé à la cuisse, son avion, piloté par le commandant Goumin, étant criblé de projectiles et un membre de son équipage, l'adjudant-chef André Cantès, grièvement blessé. Les 17 et 19 mai, il continue à survoler les aérodromes de Syrie en lançant des tracts sous les attaques constantes des chasseurs de Vichy. Le 26 mai, jugeant compromis l'honneur de l'Escadrille par l'action d'un officier pilote qui a rejoint les troupes de Vichy avec son avion, il se porte volontaire pour accomplir une mission de rachat extrêmement périlleuse avec l'équipage du commandant Goumin, du lieutenant Courcot et du sergent-chef Lefèvre. Au cours d'une mission en vol rasant, il tente de percer les défenses de chasse et de DCA autour de la Crête, et de ravitailler en médicaments, vivres et munitions, les derniers éléments des troupes néo-zélandaises encerclées sur le terrain de Retimo. Le commandant Goumin tué en l'air, l'avion abattu en flammes, Albert Marteau est blessé et fait prisonnier. Il demeure en captivité dans huit camps différents de mai 1941 à mai 1945. A plusieurs reprises, il séjourne dans les camps de représailles de Sagan (Stalag Luft 3), Lübeck (Oflag X C) et Colditz (Oflag IV C). Il est libéré le 4 mai 1945 par des cavaliers mongols à Mühlberg sur Elbe et rapatrié. Adjudant à la fin de la guerre, il est promu sous-lieutenant en décembre 1944 et poursuit une carrière militaire jusqu'au grade de capitaine. Il prend sa retraite de l'Armée en 1954 et est ensuite fonctionnaire international à l'OCDE. Albert Marteau est décédé le 2 août 1996 à Niort. Il a été inhumé dans sa propriété de "La Cannaie" à Celles-sur-Belle dans les Deux-Sèvres.

                                                André Patou

André Patou est né le 5 juillet 1910 à Parthenay (Deux-Sèvres) ; orphelin, il est élevé par ses grands-parents. Il entre à l'Ecole navale en septembre 1929 et en sort avec le grade d'enseigne de vaisseau. Lorsque survient la déclaration de guerre en septembre 1939. Promu lieutenant de vaisseau en octobre 1939, il refuse l’armistice et quitte son bâtiment à Alexandrie le 10 juillet 1940 pour rejoindre la France libre naissante, avec quelques camarades de la Marine, parmi lesquels Honoré d'Estienne d'Orves et Roger Barberot. Après un long périple par le Cap de Bonne Espérance, il gagne l'Angleterre fin septembre 1940 avec d'Estienne d'Orves et s'engage dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Dès le mois de novembre 1940, il embarque en qualité d'officier canonnier sur le Triomphant qui est envoyé dans le Pacifique pour y assurer la défense des possessions françaises au moment de l'agression de Pearl Harbour. Le Triomphant assure notamment de délicates missions d'évacuation de population sur les îles Nauru et Océan. Promu capitaine de corvette en janvier 1942, André Patou prend, en février 1943,  le commandement du torpilleur La Combattante avec lequel il participe aux opérations en Manche. Le 25 avril puis le 13 mai 1944, au cours d'engagements face à des vedettes rapides, il parvient à en couler deux, en endommageant plusieurs autres et mettant en fuite le reste de la formation. Le 6 juin 1944, lors des opérations du débarquement de Normandie, André Patou commande La Combattante qui est chargée d’escorter les troupes canadiennes. Il conduit le général de Gaulle en Normandie le 14 juin 1944. A nouveau en Manche, les 26 et 27 août 1944, La Combattante, bien que touchée par l'ennemi, réussit à détruire quatre bâtiments allemands. Promu capitaine de frégate, André Patou est affecté à la Direction du Personnel au ministère de la Marine en novembre 1944. Après la guerre, il prend le commandement du croiseur léger Malin avant d'être affecté à l’Etat-major du Groupe des Croiseurs de Toulon, puis à l’Etat-major interarmées de Tananarive où il est promu capitaine de vaisseau en avril 1950. Il commande ensuite successivement le centre d'instruction des opérations amphibies d'Arzew puis le porte-avions Arromanches et le Groupe des porte-avions d’Extrême-Orient. André Patou commande successivement la Marine à Lorient puis la 1ère flottille d'escorteurs d'escadre et il est promu, le 1er août 1959, au grade de vice-amiral. En 1965 André Patou est promu au grade d'amiral et, jusqu'en 1967, il est Préfet maritime de Brest et commandant en chef de l'Atlantique. André Patou est décédé à Paris le 10 juin 2006. Il est inhumé à Loix-en-Ré en Charente-Maritime.

                                                        Noël Castelain

Noël Castelain est né le 30 octobre 1917 à Niort (Deux-Sèvres). Il s’engage dans l’aviation en 1936. Quand la guerre éclate, il vient d’être nommé sergent pilote à l'Ecole de chasse d'Avord. En mai 1940, l'école repliée à la Rochelle reçoit l'ordre de partir vers le sud. Apprenant l'armistice, il embarque avec ses camarades de l'école d'Avord sur un bateau norvégien, Le Talberg, gagnant le Maroc. Finalement, de Casablanca, le petit groupe réalise que l'Afrique du Nord suivra l'armistice et embarque donc à nouveau, sur un bâtiment, l'Anadyr, évacuant des troupes polonaises vers l'Angleterre. Après une halte à Gibraltar, les élèves pilotes parviennent en Grande-Bretagne début juillet 1940. En Angleterre, Noël Castelain s'engage dans les Forces aériennes françaises libres. Volontaire pour servir en Afrique avec le Groupe mixte de combat n° 1 du lieutenant-colonel de Marmier, et participe, en septembre 1940, à l'expédition de Dakar puis au débarquement à Douala au Cameroun. De là, il est acheminé vers le Caire, où se forme,  une escadrille de chasse, noyau du futur groupe Alsace, équipée de Hurricane par la Royal Air Force. Après la reprise de l’entraînement à Ismaïlia, le sergent-chef Castelain est affecté avec ses camarades au 33 Squadron qui opère en Grèce. Pour éviter toutes difficultés politiques en Grèce où la représentation diplomatique française est encore assurée par le gouvernement de Vichy, les pilotes français sont renvoyés, sans avoir combattu, en Afrique sur décision britannique. Le 9 avril 1941, l’unité, envoyée en Libye, participe à la campagne de Libye ; Noël Castelain abat, au cours de ces opérations, un appareil ennemi au-dessus de Tobrouk. Abattu à son tour par la DCA allemande le 23 avril 1941, il parvient tant bien que mal à regagner sa base mais il est grièvement blessé à l’atterrissage, et est envoyé en traitement à l’hôpital de Tobrouk. Dès sa guérison, l'adjudant Castelain reprend le combat en Egypte, et est affecté brièvement aux liaisons aériennes militaires puis au groupe de chasse"Alsace" en juin 1942. Ensuite, il se porte volontaire pour le groupe de chasse  "Normandie" dès sa création en octobre 1942. Promu sous-lieutenant, il parvient en Russie avec son unité et participe à toutes les opérations du printemps 1943 en Union soviétique et remporte 6 victoires aériennes en 3 mois. Au cours d'une mission sur le Front soviétique le 16 juillet 1943, à l'attaque de 15 bombardiers allemands protégés par des chasseurs supérieurs en nombre dans la région de Krasnikovo près d'Orel, le sous-lieutenant Castelain disparaît en combat aérien Littolf. Noël Castelain totalise à sa mort 1 100 heures de vol et 129 missions de guerre

                                                         Jean Cavaillès

Fils d'officier, Jean Cavaillès est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres. Elève brillant, après des études primaires et secondaires à Mont-de-Marsan et à Bordeaux, il prépare à Paris le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure où il est reçu premier en 1923. Agrégé de philosophie en 1927, licencié de mathématiques. Il fait son service militaire en 1927 comme EOR à Saint-Cyr et est affecté en juin 1928 comme sous-lieutenant au 14e Régiment de Tirailleurs sénégalais. De 1929 à 1935, il est répétiteur rue d'Ulm et prépare sa thèse. Boursier d'études à la Fondation Rockefeller il effectue en 1930, pour sa thèse, un séjour de presque un an en Allemagne suivi, quelques années plus tard, de plusieurs autres voyages qui lui permettent d'observer et de comprendre l'horreur du régime nazi. Professeur au lycée d'Amiens en 1936, docteur ès lettres en 1938, Jean Cavaillès enseigne ensuite en qualité de maître de conférences de Philosophie générale et Logique à la Faculté des Lettres de Strasbourg. Mobilisé en 1939 comme lieutenant d'Infanterie au 43e Régiment d'Infanterie coloniale, il commande une section devant Forbach. Officier du chiffre puis rattaché à l'Etat-major de la 4e Division coloniale, le lieutenant Cavaillès est cité pour sa hardiesse à deux reprises et, fait prisonnier le 11 juin 1940, s'évade de Belgique fin juillet pour rejoindre Clermont-Ferrand où la Faculté de Strasbourg est repliée. A Clermont-Ferrand, il reprend ses cours de maître de conférences et, fin décembre 1940, rencontre Emmanuel d'Astier de la Vigerie, avec lequel il fonde un petit groupe de résistance, "la Dernière Colonne". Il réalise des papillons qu'il colle à Clermont-Ferrand et rédige des tracts. Pour atteindre une plus large audience, il apparaît nécessaire de créer un véritable journal ; ce sera Libération à la rédaction duquel Jean Cavaillès participe activement. Le premier numéro paraît en juillet 1941. A Paris, il adhère rapidement à "Libération-Nord" et fait bientôt partie du Comité directeur du mouvement dans lequel il joue un rôle essentiel. Favorable à l'action militaire, il crée, en avril 1942, à l'instigation de Christian Pineau, chargé par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA) de Londres de constituer un réseau de renseignements en Zone Nord, le réseau "Cohors". Pineau contraint de passer en Zone Sud, Cavaillès développe le réseau et fonde des groupes en Belgique et dans le Nord de la France. Arrêté près de Narbonne avec Christian Pineau par la police française en septembre 1942, après l'échec d'une tentative d'embarquement pour Londres, il est interné à Montpellier puis au camp de Saint-Paul d'Eyjeaux d'où il s'évade fin décembre 1942. Naturellement révoqué par Vichy, recherché par la police, il entre dans la clandestinité, recherche les moyens nécessaires pour agrandir son réseau et part pour Londres en février 1943. Il rencontre à plusieurs reprises le général de Gaulle. Chargé de mission, il est de retour en France le 15 avril par une opération Lysander près de Rouen et confie à son adjoint et ancien élève de la rue d'Ulm, Jean Gosset, la direction de l'Action immédiate (AI). A l'été 1943, constatant d'importantes divergences avec ses camarades du mouvement, il démissionne du Comité directeur de "Libération" pour pouvoir se consacrer tout entier à l'Action immédiate. Trahi par un de ses agents de liaison, il est arrêté le 28 août 1943 à Paris ainsi que sa sœur et son beau-frère. Torturé par la Gestapo de la rue des Saussaies, il est incarcéré à Fresnes jusqu'à la fin 1943 puis interné à Compiègne en janvier 1944 en attente d'être déporté. Finalement transféré à Arras, il est condamné à mort par un tribunal militaire allemand et immédiatement fusillé à la Citadelle d'Arras le 17 février 1944. Enterré à Arras sous une croix de bois portant la mention "inconnu n°5", son corps a été exhumé en 1946 pour être inhumé dans la Crypte de la Sorbonne, à Paris.

                                                          Henry Ingrand

Alias : Villiers - Bessac - Chauray - Mazières – Rouvres. Henry Ingrand est né le 18 août 1908 à Echiré dans les Deux-Sèvres dans une famille de propriétaires agriculteurs. Bachelier, il se dirige vers des études de médecine et devient externe des Hôpitaux de Paris puis interne des Hôpitaux de la Seine. En 1939, il est affecté comme médecin-lieutenant à une équipe chirurgicale de l'HOE n° 7 au sein de la 3e Armée. Ne pouvant accepter l'Armistice, il commence d'abord la lutte par une résistance individuelle et participe à la manifestation du 11 novembre 1940 à Paris. Dès janvier 1941, il entre dans la Résistance intérieure à Paris dans la filiale parisienne du "Mouvement de Libération Nationale" (MLN) créé, en zone sud, par Henri Frenay. Il collabore à la rédaction du journal du MLN, Les Petites Ailes, et à de nombreuses brochures ronéotypées. Henry Ingrand fonde à son tour en province des groupes, à Reims et en Charente, qui rejoignent le MLN. En novembre 1941, il est désigné comme membre du Comité Directeur du mouvement. A partir de février 1942, à la suite du démantèlement du groupe à Paris, il travaille en équipe avec Jacques Lecompte-Boinet, qui fondera, plus tard, "Ceux de la Résistance" (CDLR). Le 29 juin 1942, à l'issue d'une réunion avec Lecompte-Boinet, Ingrand est arrêté à son domicile par les Allemands. Libéré un mois plus tard, après avoir convaincu les Allemands de sa volonté de coopérer, il parvient à passer rapidement en zone sud. Il est alors chargé de mission de documentation par Henri Frenay pour le mouvement "Combat " qui a succédé au MLN, en septembre 1942 à Toulouse et en octobre 1942 à Marseille. Arrivé à Clermont-Ferrand en octobre 1942, il est nommé le 27 novembre 1942 chef régional de "Combat" et réorganise la région. Henry Ingrand prend une part active à l'organisation des réduits du Cantal et au rassemblement du maquis du Mont-Mouchet (qui culmine à 1 465 m). Il rejoint définitivement le maquis du Mont-Mouchet début mai 1944, en qualité de membre de l'Etat-major FFI. Le 12 mai 1944, il échappe de peu à l'arrestation alors qu'il a rendez-vous à la gare de Ferrières-Saint-Mary avec Jacques Bingen, délégué du CFLN pour la zone sud, lui-même arrêté à la gare de Clermont-Ferrand. En juin 1944, Henry Ingrand participe aux combats du Mont-Mouchet et de Chaudes-Aigues où il fait preuve des plus grandes qualités de sang-froid et de courage. Nommé colonel FFI le 20 juillet 1944 par le chef d'Etat-major national FFI, en accord avec le général Koenig, il est membre de l'Etat-major FFI successivement basé dans le Cantal, à Mauriac, et dans le Puy-de-Dôme, à La Tour-d'Auvergne et au Mont-Dore. Nommé Commissaire régional de la République pur la Région R6 par le général de Gaulle dès le printemps 1944, il prend son poste à Clermont-Ferrand le 28 août 1944, à la libération de la capitale de l'Auvergne, et le garde jusqu'en 1946. Henry Ingrand est décédé le 23 novembre 2003 à Aix-en-Provence. Il a été inhumé au cimetière de Ventabren dans les Bouches-du-Rhône.


                                                        Marcel Vincent

Marcel Vincent est né le 24 juin 1913 à Azay sur Thouet (Deux-Sèvres). Son père, tué pendant la Grande Guerre, était agriculteur. Il fait des études secondaires au collège de Niort puis, devançant l'appel, s'engage dans l'armée en 1931. En 1932, il se réengage pour quatre ans, choisit les Troupes Coloniales et part en Indochine avec le grade de caporal-chef. Nommé sergent en 1936, il est envoyé au Tchad l'année suivante. C'est là, à Moussoro, qu'il apprend l'armistice par la radio en juin 1940. Il rallie les Forces françaises libres au mois d'août et participe pleinement au ralliement de Fort Archambault à la France libre. En novembre 1940, il est incorporé comme cadre au Bataillon de marche n° 3 de l'AEF. Chef de la 3e Section de la 9e Compagnie du Bataillon, il participe à la campagne d'Erythrée ; lors de la bataille de Cub Cub, le 21 février 1941, il est blessé à la tête de sa section mais refuse d'être évacué. Ce qui lui vaut d'être cité à l'ordre de l'Armée et décoré de la Military Medal. Finalement soigné, il retrouve son unité le 20 avril 1941 et est promu sergent-chef. Le 26 mai 1941, le sergent-chef Vincent est à nouveau décoré, cette fois par le général de Gaulle en personne, à Qastina en Palestine. Promu adjudant en septembre 1941, il participe successivement aux campagnes de Libye, d'Italie et de France où il débarque, le 16 août 1944, en Provence. Promu sous-lieutenant en septembre 1944, il prend part aux combats de la Pointe de Grave et, le 16 avril 1945, il fait tomber la position de Fort-Vivien et capture de nombreux prisonniers. Après la guerre, il est nommé lieutenant, retourne au Tchad et en 1946, sur sa demande, il est dégagé des cadres de l'Armée pour devenir guide de chasse en Oubangui et au Tchad. Il meurt accidentellement, tué par un lion, lors d'un safari cinématographique le 27 mai 1950 au Tchad à Fort Archambault où il est inhumé.


                                                           Pierre Beaugrand


Pierre Beaugrand est né le 26 décembre 1910 à Saint-Laurs (Deux-Sèvres). Médecin sous-lieutenant de réserve en 1939, il est affecté à l'hôpital militaire de Sedan. Fait prisonnier dans son hôpital de Sedan en juin 1940, il libéré au titre du service de Santé. Il exerce quelques mois à Paris mais refusant la défaite, il décide de s'enrôler parmi l'équipage d'un cargo en partance pour la Chine et, à Shanghai, le 21 juin 1941, il se rallie à la France libre sans faire état de son Doctorat. Lieutenant à la 1ère Compagnie autonome de chars de combat des FFL, il prend part aux combats de Syrie, d'Egypte, de Libye et de Tunisie et reçoit deux citations. Il est ensuite affecté à la 2e Division Blindée (2e DB) où sa compagnie devient la 1ère Compagnie du 501e Régiment de chars de combat (501e RCC). En juillet 1943, Pierre Beaugrand est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle à la palmeraie de Sabratha en Tripolitaine. Après les campagnes d'Afrique, ce sont celles de France et d'Allemagne, du débarquement en Normandie, à la libération de Paris et Strasbourg, jusqu'à la marche sur Berchtesgaden où lui est décernée sa 3ème citation. Pierre Beaugrand termine la guerre avec le grade de capitaine. Revenu à la vie civile, il reprend ses activités médicales au Maroc. Nommé en février 1950, chirurgien à l'Hôpital d'Ouezzane et médecin du groupe sanitaire mobile, il n'hésite pas le 2 janvier 1951 à traverser à pied un Oued pour porter secours à un malade. Pierre Beaugrand est emporté par le courant. Son corps n'a pas été retrouvé.

                                                          Robert Bineau

Robert Bineau est né le 11 janvier 1914 à Vasles (Deux-Sèvres) dans une famille de cultivateurs. Il effectue son service militaire d'avril 1935 à octobre 1936 au 105ème RAL et termine avec le grade de maréchal des logis. Commis du Trésor en 1936, il est mobilisé en septembre 1939 au 105ème RAL avec lequel il participe à la campagne de Belgique. Blessé le 1er juin 1940 à Dunkerque par un éclat de bombe à l'œil droit, il est évacué vers l'Angleterre où, à l'hôpital, il prend connaissance par les journaux anglais de l'appel du général de Gaulle. Par refus de la défaite, il s'engage dans les Forces Françaises Libres le 1er juillet 1940 et part en novembre pour Brazzaville, à peine remis de ses blessures. Du 15 janvier au 5 avril 1941, il sert à la batterie côtière de Pointe-Noire, puis, affecté au Tchad en avril 1941, il participe avec une section de 75, aux travaux de défense de Fort-Lamy sous les ordres du colonel Leclerc. Dirigé sur le Moyen-Orient en février 1942, il est, de passage au Caire, désigné pour le 1er Régiment d'Artillerie de la 1ère Division Française Libre (1ère DFL) qu'il rejoint à Bir-Hakeim le 14 mai 1942. Affecté à la 2ème Batterie, il reçoit le commandement de l'échelon arrière, chargé du ravitaillement et de la solde. Après les combats d'El Alamein où il reçoit sa première citation, il est admis au peloton d'élèves aspirants de Gambut. Maintenu à la 2ème Batterie, il prend part ensuite, avec le 1er Régiment d'Artillerie Coloniale (1er RAC) aux combats de Libye et de Tunisie. Il s'illustre ensuite plusieurs fois durant la campagne d'Italie du 11 mai au 12 juin 1944, notamment au cours d'une attaque sur le Rio Forma Quesa où il fait des ravages chez l'ennemi en tirant à vue d'un obusier de 105 automoteur. De nouveau blessé par un éclat d'obus à la cuisse gauche le 12 juin 1944, il est, malgré tout, présent au débarquement en France, à la trouée de Belfort, aux combats défensifs du sud de Strasbourg (janvier 1945) et dans les Alpes (avril 1945) où il remplace son commandant d'unité blessé. Lieutenant à la fin de la guerre, il reprend ses anciennes fonctions en tant que percepteur, puis Trésorier Principal en 1965 avant de prendre sa retraite en 1977. Robert Bineau est décédé le 18 novembre 2011 à Menton dans les Alpes-Maritimes où il est inhumé.

                                                                           Sources : ordredelaliberation.fr/fr