Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                                   Lageon, 1er octobre 2017

                           Lageon, le devoir de mémoire

 Depuis 70 ans, le premier dimanche d’octobre, les résistants et leurs familles se retrouvent devant le monument de Lageon qui perpétue à tout jamais la mémoire des résistants déportés du Nord Deux-Sèvres. Tous ont donné leur vie pour que la France retrouve la liberté. Ces 55 noms, gravés dans le marbre, perpétuent à tout jamais la mémoire de ceux qui n’abdiquèrent pas devant l’occupant. Cette année, deux noms de résistants du secteur de Secondigny morts en déportation ont été ajoutés à cette longue liste. Il s’agit de : Maurice Grys, jeune STO arrêté en Allemagne par la gestapo le 20 avril 1944, sur son lieu de travail, pour sabotage dans l’usine Bunawerke de Schkopau où il était affecté. Il est incarcéré d’abord à la prison de Halle, puis interné au camp de Dachau le 29 décembre 1944, où il décèdera de maladie et d’épuisement le 28 mars 1945.

Pierre Morin, jeune radio-navigant dans l’aviation militaire en 1939,  est démobilisé en 1941 et n’a plus qu’une ambition : s’engager dans les forces de la France libre en Angleterre. Dans cet espoir, il complète d’une manière intensive une formation d’opérateur radio.  En Juin 1943 il se sent prêt pour cette grande aventure : rejoindre Londres en passant par l’Espagne. Malheureusement il est arrêté à Saint Jean Pied de Port, en essayant de franchir clandestinement la frontière. Remis à la gestapo, il sera emprisonné au Fort du Hâ à Bordeaux. Transféré à Compiègne en Septembre 1943, il fait partie  des détenus embarqués sur le convoi du 17 septembre 1943 à destination de Buchenwald où il arrivera le 18 septembre. Transféré à Dora quelques mois plus tard, il survivra à l’enfer de ce camp. Mais totalement épuisé, il n’aura pas la force de survivre à la marche d’évacuation engagée dans les premiers jours d’avril 1945 et décèdera sur la route le 11 avril 1945 à Barleben. ;

Cette année encore, c’est en nous rappelant l’histoire de ces victimes, de leur souffrance et de leur courage, que notre Assemblée s’est recueillie devant ce monument. Cette cérémonie était présidée par Madame Isabelle David, Préfet des deux Sèvres, accompagnée de Monsieur Gilbert Favreau, Président du Département, de Monsieur Jean-Marie Morisset Sénateur, du Général Guy Rochet Commandant l’ESOA.  

Pourquoi ne pas retenir au terme du compte rendu de cette manifestation la conclusion de Christian Cailleau évoquant devant nous la mémoire de son Grand Père Ernest Cailleau disparu à Flossenbürg : « L’engagement d’un homme simple, courageux, loyal et généreux, mais surtout l’engagement d’un homme libre, qui n’aspirait qu’à le rester. L’histoire en a décidé autrement, elle a fait de toi, un martyr, un héros. »

                                                     Elle peut être retenue pour le plus grand nombre de ceux que nous honorons aujourd’hui.

PHOTOS  Emilie Dabin, Albert Boivin, Jean-Claude Giraud