Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                     La journée de la déportation du 29 avril

                                              Bressuire

La traditionnelle cérémonie municipale de souvenir de la déportation a eu lieu dimanche matin devant la stèle érigée en l’honneur des 17 juifs et juives bressuirais disparus après leur déportation par le régime nazi et l’état collaborationniste. Les noms des 17 victimes, dont la plus jeune avait 9 ans, ont été scandés devant les représentants des associations d’anciens combattants, les élus, les représentants des pompiers et gendarmes et les citoyens présents.
Cette cérémonie a toutefois vu une innovation cette année puisque le maire a invité ses participants à parcourir quelques mètres pour se rendre sur la place de la Libération devant le monument érigé en mémoire des résistants qui se sont battus pour la France. Avant de déposer là aussi une gerbe avec le chef d’escadron Weber, commandant de la compagnie de gendarmerie, le maire a annoncé avoir demandé un recensement des résistants morts en déportation pour faits de résistance.


                                                          Niort

L'ancien résistant Pierre Ropiquet était là et un texte d'Ida Grinspan a été lu

Hier en ouverture de cérémonie l’ancien résistant arrêté par la Gestapo le 22 mars 1944, aujourd’hui âgé de 94 ans, était très entouré. Un peu plus tard Marie-Thérèse Pouplin a lu le texte d’une autre déportée, Ida Grinspan, cette fois pour des motifs soi-disant raciaux.

Avec les deux associations des déportés (Adif et Adirp) les rescapés des camps de la mort, et ceux qui ont disparu, ont pu encore être entendus.  Pierre Ropiquet, 94 ans, se souvient encore douloureusement de la violente paire de gifles qu’il a reçues de l’un des hommes de la Gestapo venus l’arrêter (le 22 mars 1944) dans une ferme du sud de la Vienne. Il avait 19 ans. « Je m’y étais camouflé avec un autre jeune homme qui appartenait à un groupe de résistants de ce secteur. »
Il y a encore ceux qui voudraient nier cette page de l’histoire Et ce ne fut que le début d’une lente descente aux enfers pour ce Niortais, le seul rescapé (natif des Deux-Sèvres encore aujourd’hui en vie) des camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale, celui de Dachau en particulier puis de Neckarelz et Vaihingen. Le Niortais avait tenu à assister encore une fois hier à la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation organisée par les deux associations du souvenir : l’Adif et l’Adirp. Une autre rescapée toujours en vie, celle d’Auschwitz, Ida Grinspan était présente par la pensée grâce à la lecture d’un de ses textes (*) lu devant la stèle du souvenir de la Shoah entre le monument aux soldats sans uniforme et la Maison de la Gestapo, en centre-ville. Juive de naissance, ses parents l’avaient envoyée comme réfugiée depuis Paris dans la commune de Sompt (hameau Jeune-Lié) chez sa nourrice Alice et son époux Paul jusqu’au jour où trois gendarmes français (aux ordres du gouvernement de Vichy), la nuit du 31 janvier 1944, venaient la chercher pour l’envoyer en enfer. Elle n’avait que 14 ans.
Cette facette de l’histoire de France est encore aujourd’hui niée par certains. On se souvient de l’épisode pas si lointain où la mairie de Parthenay a empêché la lecture par des élèves d’un récit écrit spécialement pour le 25 avril 2010, par Ida Grinspan, au motif que le texte mettrait en cause la gendarmerie française.
Le ministère de l’Education estime aujourd’hui que cette journée a pour vocation de rappeler à tous ce drame historique afin que de tels faits ne se reproduisent plus. Ce qui fut fait hier avec la lecture de textes par sept enfants du conseil municipal des jeunes.
(*) Extrait de « Traces de l’enfer » paru aux éditions Larousse, préfacé par Georges Bensoussan, livre dans lequel six rescapés racontent dont Ida Grinspan.

Phillipe Engerbeau NR

                                                       Parthenay 

                                Se souvenir des victimes de la déportation

Dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, une cérémonie s’est déroulée dimanche matin devant le monument aux morts au jardin public. Devant les autorités et les porte-drapeaux, Daniel Longeard, correspondant défense pour la ville de Parthenay, a insisté en préambule sur le souvenir de cette période trouble de la Seconde Guerre mondiale : « Nous marquons à nouveau notre attachement aux Droits de l’Homme et nous avons le devoir de ne rien négliger pour que soient mieux connues les pages de gloire et de misère vécues par toutes les victimes du nazisme, comme par tous ceux qui ont contribué à sa défaite. » En lisant ensuite le message des déportés, l’élu a évoqué « le cortège infernal de trains partis de France entre 1940 et 1944 vers les camps de concentration ou d’extermination », tout en appelant aujourd’hui « à œuvrer pour un monde de paix dont l’Europe doit demeurer le symbole ». Après la diffusion du « Chant des marais », bien après celle de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, la cérémonie s’est poursuivie par deux dépôts de gerbes par Nicole Lambert, adjointe au maire, et Christophe Burbaud, sous-préfet de Parthenay.

                                                        Thouars

Cérémonie empreinte de dignité, hier, à l’esplanade de l’orangerie, lors de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, en présence des associations d’anciens combattants et de plusieurs collectifs (Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes ; Fondation pour la mémoire de la déportation ; Union nationale des associations de déportés et internés de la Résistance ; conservatoire de la Résistance de Thouars). Geneviève Pichot, présidente du centre régional Résistance et Liberté, a lu le « serment de Buchenwald », texte prononcé pour la première fois en 1945, en présence de descendants de déportés, dont la famille d’Yves Bellet (déporté de Buchenwald et Mauthausen) et celle de Simone Fardeau, dernière déportée thouarsaise, décédée l’an dernier.

                                                       Saint-Maixent

                                                 Hommage aux déportés

Dimanche, Colette Fauriat, fille de déporté, a lu le message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, sur le parvis de la médiathèque, devant la plaque commémorative en rappelant ce que fut la déportation « avec son cortège infernal de trains partis de France entre 1940 et 1944 qui ont conduit vers les camps de concentration ou d’extermination de l’Allemagne nazie des populations de tous âges et de toutes conditions, victimes de la répression et des persécutions pratiquées par l’occupant nazi avec le concours du régime de collaboration de la France ». Et de rappeler « que le travail de mémoire n’est jamais achevé. Le message d’aujourd’hui se veut un appel à œuvrer pour un monde de paix ». A l’issue des gerbes ont été déposées par le maire, Léopold Moreau, le général Guy Rochet, commandant l’Ensoa, Colette Fauriat, Jean-Claude Riera, président du Souvenir français devant la stèle.