Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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Le Gendarme-Interprète Désiré JUNG

Affecté pendant l’occupation allemande à la Feldgendarmerie de NIORT dans les Deux-Sèvres


Le gendarme Désiré Jung arrive à Niort le 21 juin 1940, c'est-à-dire la veille de l’arrivée des troupes allemandes qui occupent la ville le 22 Juin 1940 à 19h45.

Ce même jour, le Maréchal Pétain a signé l’armistice, et le département des Deux-Sèvres fait partie désormais de la Zone occupée. Dès le 23 juin, le gendarme Jung est contraint de remplir au profit de la Feldkommandantur et de la Sicherheitspolizei les fonctions d’interprète-traducteur. Au delà de ses missions urbaines, il se déplace souvent dans la campagne environnante. Il conserve très soigneusement, mais en toute discrétion, les noms et adresses des contacts que lui imposent ses missions. Les petits carnets retrouvés font un peu figure de journal de bord et nous éclairent sur la zone qu’il a pu couvrir.

Il est également très attentif aux évènements de nature à provoquer une réaction violente de l’occupant. Est à citer comme exemple une manifestation d’une certaine ampleur devant la Feldgendarmerie qui fut provoquée le 13 février 1943 par l’arrestation de deux jeunes gens refusant de répondre au STO et qui dans ce rassemblement ont crié : « A bas Hitler ». Observant la scène et ayant entendu l’officier allemand autoriser ses hommes à faire usage de leurs armes si nécessaire, il intervint avec insistance auprès de lui, se proposant de ramener le calme, si l’ordre de tirer était annulé. L’officier céda et libéra les deux jeunes patriotes et la foule se dispersa sans autre incident.


En septembre 1943 le gendarme Jung fait l’objet d’une dénonciation à la gestapo par lettre anonyme. Il est accusé de fournir de faux papiers à des français dont des Juifs, recherchés par la police allemande, afin de leur permettre de passer en zone Libre. Une enquête est ouverte par la gestapo de Niort, qui convoque l’intéressé et lui fait subir un interrogatoire pendant plusieurs heures. Connaissant bien le scénario de ce genre d’exercice qui, dans la circonstance, se déroule en allemand, il a une réponse à toutes les questions posées en évitant bien sur de compromettre ses chefs, ses camarades ou ses compatriotes. Mais au final, après cette affaire, le gendarme alsacien  perdra la confiance que lui portait la police allemande. Les troupes allemandes quittent Niort le soir du 27 août 1944 et la Libération est officiellement fêtée le 6 septembre 1944. Le gendarme Jung est confirmé à la brigade de Gendarmerie de Niort, à compter du 15 septembre 1944. Un article élogieux sur son action exceptionnelle et hautement dangereuse durant « l’occupation » sera publié le 30 septembre 1944 dans le journal « La Cocarde », organe officiel des F.F.I. à la Libération.



Le gendarme Jung, après quatre ans et neuf mois passés à Niort, obtiendra sa mutation  dans son pays d’origine  l’Alsace, avec une affectation le 4 avril 1945 à la Brigade de Benfeld.

Le bilan de l’action personnelle de ce gendarme, durant la période qui lui fut imposée au service des nazis, est impressionnant. Si l’on se réfère au sort qui était réservé aux coupables d’actes similaires à ceux dont nous avons la liste et pour lesquels il est intervenu, nous  pouvons affirmer qu’il a, en prenant de grands risques, sauvé la vie de la majorité d’entre eux. La prison, la déportation, les exécutions ont fait suffisamment de victimes pour nous soyons autorisés à soutenir cette affirmation.

                    « Le Gendarme Désiré JUNG a été un grand résistant »  

Photographies "indiscrètes" du gendarme Jung entouré de militaires allemands dans les couloirs de la Felkommandantur le 10 février 1941

                                                          Documents annexes

Niort, hiver 1941, au centre de la photo, le gendarme Jung
( portant un béret) entouré de sa femme Lucie et dans la poussette leur fils Jean-Jacques