Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                                  BRESSUIRE  18 juin 2016

    Une stèle de la Résistance a été inaugurée place de la Libération


La stèle a été dévoilée par le maire de Bressuire, le député, la sous-préfète et l'ancien président du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Cette phrase prononcée par le général De Gaulle en conclusion de son appel du 18 juin 1940 a eu une résonance bien particulière samedi après-midi, place de la Libération. En effet, pour commémorer la mémoire des résistants bocains, une stèle a été inaugurée en présence de nombreux officiels, des membres du Centre régional « Résistance et Liberté » (CRRL) ainsi que de Jacqueline et Marcelle, deux des trois filles (la cadette Martine étant décédée) de Marcel Labbé, transporteur bressuirais qui a notamment participé à des opérations de résistance au Bois-Rocard à Boismé en 1943. NR

De la révolte individuelle à la résistance organisée

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a appelé les Français à poursuivre la lutte sur les ondes de la BBC à Londres mais rares sont ceux qui l'ont entendu. En 1941, par patriotisme, défense des valeurs républicaines ou par simple volonté d'agir, les docteurs Cacault, Bernard et Ichon s'engagent isolément dans la lutte clandestine. Ils intègrent respectivement le réseau de renseignement Confrérie Notre-Dame dépendant du BCRA de la France libre et le réseau Alliance sous l'autorité de l'Intelligence Service britannique. L'objectif est de renseigner les Alliés sur les infrastructures militaires et les mouvements des troupes allemandes. Le docteur Ichon, médecin-chirurgien à l'hôpital de Bressuire, arrêté le 21 décembre 1943 puis déporté, est fusillé le 2 septembre 1944 dans le camp de concentration de Natzweiller-Struthof. Le docteur Bernard, quant à lui, constitue les premiers groupes autonomes dans et hors le milieu cheminot bressuirais.

 

L'Organisation civile et militaire en Bressuirais

La rencontre en février 1943 entre le docteur Bernard et Didier Delahaye – de la Chapelle Saint-Laurent, responsable régional du mouvement de résistance Organisation civile et militaire – permet l'intégration des groupes autonomes dans cette vaste organisation à l'échelle de toute la façade ouest de la France et, pour le Nord Deux-Sèvres dans le triangle Bressuire-Parthenay-Thouars. La mission confiée est double : poursuivre des actions de renseignement et réceptionner des armes et munitions parachutées par les Alliés. Sous la direction des docteurs Bernard et Cacault, les équipes réceptionnent, les nuits du 19/20 juin et 20/21 juin 1943, cinq tonnes d'armes et munitions parachutées au Bois Rocard, à Boismé.

A partir d'août 1943, les services répressifs allemands démantèlent l'Organisation civile et militaire en Nord Deux-Sèvres. 52 résistants sont arrêtés dont 42 déportés dans les camps de concentration nazis. Parmi eux figure Marcel Labbé, transporteur à Bressuire. Le docteur Cacault et l'horloger Charles Delavault réussissent à s'échapper. Les autres membres de l'équipe Bressuire/Boismé ne seront pas inquiétés.