Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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         Cérémonie de Boismé,

        18 octobre 2014


Nous sommes en 1943, période la plus noire de l’occupation Allemande. Il faut subir la présence permanente, pesante, voyante de la troupe avec ses bruits de bottes. Elle nous surveille et nous humilie. Déjà privés depuis plusieurs années de nos libertés fondamentales,  nous sommes, au moindre écart, à la merci de la Gestapo. C’est insupportable et ce jeune Yvon Bernard en a parfaitement conscience.

 Il venait d’avoir 20 ans.  Sportif de haut niveau, à peine sorti de l’adolescence, à l’orée d’une vie qui promettait d’être riche et belle, il a choisi, choisi ce qui pour lui était son devoir et bien décidé à l’accomplir jusqu’au bout …… quoi qu’il en coûte. C’est ainsi qu’il quitte clandestinement le 1er mars 1944, avec 45 de ses camarades et 9 cadres militaires l’Ecole des Enfants de Troupe, évacuée à Thol dans l’Ain depuis la rentrée dernière. Cet élan de patriotisme conduit ce petit groupe à s’engager dans la Résistance, en s’intégrant dans l’important maquis de l’Ain et du Haut-Jura.

Alors ce matin, devant cette plaque qui chaque jour aura mission de rappeler à ceux qui passent, le sacrifice de ce jeune résistant, ayez conscience qu’honorer sa mémoire ce n’est pas seulement un hommage que nous lui rendons, ce n’est pas seulement le témoignage d’une dette que nous avons envers lui, c’est aussi occasion de se souvenir pour prévenir : tel est donc le sens de cette commémoration.

J’en terminerai en citant ce que disait le grand Résistant Pierre Brossolette de ceux qui ont payé de leur vie ces actes de Résistance : « Ce qu’ils nous demandent, ce n’est pas de les plaindre, mais de les continuer. Ce qu’ils attendent de nous, ce n’est pas un regret, mais un serment. Ce n’est pas un sanglot, mais un élan. » Pierre Brossolette est mort à Paris, entre les mains de la Gestapo le 25 mars 1944.      (Michel Clisson)