Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                      Augé, 27 mai 1017, journée de la Résistance

                        La stèle de la Résistance inaugurée à Augé


La journée de la Résistance a été choisie par la commune d’Augé pour inaugurer une stèle et une plaque. Des souvenirs douloureux ont ressurgi.

Ce 27 mai 2017 génère beaucoup d'émotion pour moi a expliqué le maire d'Augé Gérard Perrin, qui, « dans le respect de la mémoire » a rappelé « comment de vaillants combattants jeunes normaliens ont libéré le territoire du joug de l'occupant avec des actes de résistance qui ne furent pas vains. Ces femmes, ces hommes et combattants ont joué un rôle décisif. Cette stèle est le symbole du dernier accrochage en Deux-Sèvres ». Michel Clisson, président du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux Sèvres et des régions limitrophes, a retracé le parcours de ces combattants de l'ombre « rebelles à la collaboration de Vichy. Tout commence avec ces jeunes normaliens où la joie de vivre et la mort se côtoyaient qui ont rejoint le triangle 16. Ils ont aussi œuvré ici. C'est à ce titre que la stèle pérennise l'histoire de cet événement de ces jeunes engagés ».

Delphine Batho s'est associée à son collègue sénateur Jean-Marie Morisset pour féliciter et remercier la commune d'Augé et tous les partenaires du devoir de mémoire qui ont inauguré cette stèle le jour de la journée nationale de la résistance. « Ce travail en Haut Val de Sèvre, nous le faisons pour lutter contre l'oubli en mémoire de nos héros et pour nous-mêmes en exemple pour notre jeunesse. La flamme de la résistance est inspirante dans la flamme d'aujourd'hui pour lutter contre le totalitarisme et pour le combat de la justice sociale. A l'époque, il n'y avait que des patriotes. C'est un message important d'unité ».
Le dernier survivant, Jean-Jacques Greteau, 94 ans, était présent à cette cérémonie, ainsi que René Bigeonneau, qui avait 11 ans le 31 août 1944 et qui a évoqué en marge de la cérémonie cet événement sanglant à Augé. « Très tôt le matin je suis parti avec mon père du Plessis, une brouette chargée de matériel pour arracher des souches dans une haie non loin où l'événement a eu lieu. Lorsqu'ils ont entendu des tirs… Vite ils se sont camouflés dans un puits mais très vite ont regagné Augé pour éviter qu'une grenade bien ajustée ne les atteigne… Ils ont fui leur maison et ne sont retournés que lorsqu'ils ont su que tout danger était écarté. » A l'époque, René était enfant de chœur et l'abbé Bouchet est venu le chercher pour l'enterrement des deux Allemands. Il se revoit seul derrière le corbillard qui portait le corps des deux soldats.

Le témoignage intégral de René Bigeonneau peut être retrouvé dans le livre sur la commune écrit par Marguerite Morisson-Gaboriau, « Augé, moments de vie, moments d'histoire ».  (NR)

                   

 

                                                                            L'attaque d'Augé du 31 août 1944

Une attaque contre les troupes d'Occupation est menée à Augé le 31 août 1944 par les résistants du Triangle 16


Participants : Capitaine Antonin et André Dupuis (Jean-Claude) (chefs), 18 maquisards du groupe Jean-Claude. Le groupe "Jean-Claude" établit son quartier général au maquis de Bouchèble en lisière des bois d'Arpentérault situés au nord d'Augé. Les résistants obtiennent régulièrement des renseignements de proximité fournis par des habitants d'Augé ainsi que par des commerçants qui utilisent leurs tournées pour observer les positions allemandes. En cette période de l'été 1944, les combats pour la libération du territoire font rage. André Dupuis (Jean-Claude), le capitaine Antonin et Georges Archambault recherchent des terrains d'embuscades en se faisant passer pour des garde-voies grâce aux papiers de Georges Archambault. C'est ainsi que le 29 août, trois groupes réussissent une embuscade quasi-parfaite dans la côte de Champeaux.

Le matin du 31 août 1944, au petit jour, le boulanger d'Augé prévient la Résistance. Deux véhicules allemands en panne sont stoppés sur le pont d'Augé. Une action est rapidement décidée : le groupe "Georges", dans le virage de Champmargou, stoppera le premier véhicule. Le groupe "Jean-Claude" tiendra les hauts de la carrière pour arrêter le deuxième véhicule tandis que le groupe "Robert" assurerait la protection rapprochée du bourg en cas de retour des allemands. Mais rien ne se produit comme prévu...

Les véhicules réparés plus rapidement que prévu, seul le premier s'engage dans la montée, laissant l'autre en appui. Le fusil mitrailleur de Georges lâche un premier coup de feu et s'enraye ! De la voiture immobilisée, les occupants plongent dans le fossé, vers le ravin, harcelés de tirs de fusils précis et souvent mortels. Le capitaine Antonin, inquiet pour le village, impose bientôt le "Cessez-le-feu".

Le deuxième véhicule qui avait soutenu la progression de tous ces tirs, profite de l'occasion et rejoint sans encombre la voiture immobilisée, bientôt suivie d'un troisième légèrement blindé mais puissamment armé, arrivé en secret à Augé et probablement alerté par les bruits de l'attaque. Ce véhicule blindé monte alors jusqu'à la carrière, profitant du "Cessez-le-feu". Les hommes dont un feldwebel sortent et s'abritent dans la carrière sauf le gradé qui cherche à savoir qui leur demande de se rendre. Apercevant deux hommes du groupe "Jean-Claude", il plonge dans le fossé d'où il lance adroitement deux grenades à manche. Le combat reprend de plus belle. Il faut agir vite et décrocher. À la grenade, Allemands et Forces françaises de l'Intérieur, à quelques mètres les uns des autres mais du haut en bas de la carrière, s'accrochent sévèrement. Enfin, le groupe "Jean-Claude" remonte le virage de Champmargou, récupère le groupe Georges et par le Château puis la maison d'Antonin rejoint le groupe Robert à Augé.Ce dernier n'a pas déclenché de combat. Craignant que des renforts allemands ne viennent de Saint-Maixent-l'École pour mener des représailles, les trois groupes auxquels s'ajoute le groupe "Gabel" venu en renfort, remontent vers le Cours d'Augé et s'organisent en position défensive face à la route de Saint-Maixent-l'École. Tard dans l'après-midi, aucune troupe ennemie n'ayant été signalée, les hommes regagnent le maquis Bouchèble.

Les Allemands reviennent pourtant... Nombreux et avec de l'artillerie, ils entrent dans le bourg dans la soirée. Le maire, le prêtre et quelques personnes avaient décemment ramené les morts allemands à la Mairie, d'autres seront retrouvés plus tard. En tout une dizaine de tués sont dénombrés et d'autres, ramenés à l'hôpital de Saint-Maixent-l'École doivent probablement allonger la liste de ce dur combat. La menace de terribles représailles pèse alors sur les habitants impuissants. Cependant, le comportement digne de ses responsables locaux amène probablement Allemands et Autrichiens venus le soir à se comporter sans excès et aucune sanction n'est prise à l'encontre des villageois, épargnant à Augé le statut de village martyr.

                                                      (Sources CRRL et Conservatoire de la Résistance)