Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

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                                        André Colas, médecin-radiologue

                                                   André Colas


Né le 26 avril 1902 à Faye la Vineuse, André Colas, après de brillantes études s’installe à Thouars comme médecin-radiologiste en 1935.

 Mobilisé comme infirmier en 1940, il est fait prisonnier à Angoulême puis libéré le 1er juillet de la même année. Dès mars 1941 il prend contact avec le Colonel Rémy et fait partie de ceux qui créent le réseau C.N.D Castille.


Il organise des parachutages de poste émetteur radio en juillet et octobre 1941 puis le 6 janvier 1942. Il installe un poste émetteur radio à St Léger de Montbrillais chez sa mère puis à l'hôpital de Thouars dans son propre service chez des amis à une quinzaine de km de Thouars, ensuite à Saumur où son camarade Bernard Anquetil est arrêté. Il exécute au sein du réseau C.N.D Castille tous les micros-films du réseau du 30 mai 1941 au 21 janvier 1942 et par la filière du réseau il les fait passer en Angleterre.

 Arrêté par la Gestapo avec le Dr Chauvenet le 21 janvier 1942. Il est incarcéré à la prison de la Pierre Levée à Poitiers puis à  Fresnes où il restera pendant 142 jours au secret. Malgré les souffrances endurées il n'avouera jamais et sera remis en liberté faute de preuves.

 Passé en zone libre, il s'installe à Loches et continu à faire de la résistance active en liaison avec Londres par l'intermédiaire du commissaire de police de cette ville qui sera arrêté et fusillé par les allemands en 1944.

 Il réussit notamment à camoufler puis à faire partir pour l'Angleterre le Dr Giraud frère du Général Giraud recherché par la Gestapo. De retour à Loudun, il s'occupe de fonder avec quelques amis le Maquis de Scévolles puis le 15 août 1944 prévenu à temps qu'il allait être arrêté, il entre au Maquis et ne retourne à Loudun qu'à la libération.

Ces faits de guerre étaient sanctionnés par des titres élogieux dont la croix de guerre, la médaille de la résistance ainsi que plusieurs autres décorations. Infatigable il se consacre ensuite aux œuvres de la Résistance est nommé successivement membre du Comité de la Libération de la Vienne et Président du Comité de Libération de Loudun. André Colas est décédé le 14 novembre 1964.


Extraits des mémoires d'André Colas, il explique l'installation d'un poste émetteur à l'hôpital de Thouars

« 30 mai 1941, LHERMITTE (BERNARD ANQUETIL) que je suis allé chercher à Angers avec son poste émetteur à 8heures du matin fait sa première émission en Zone occupée (vraisemblablement la première depuis l’armistice) de chez ma mère Mme  Vve Colas, à Saint Léger de MONTBRILLAIS (Vienne) ou je l’ai conduit et ou je le laisse pour faire mon travail à Thouars. Il est aidé par André SARRAZIN, facteur des postes, membre de l’organisation à Saint-Léger, chargé de former une cellule dans cette commune.

Au cours de cette émission, l’emplacement du « Prinz Eugen » arrivé la veille dans le port de Brest est envoyé à Londres. Dans l’après-midi du 30 mai, je viens reprendre LHERMITTE et je l’emmène à Thouars ou, avec le docteur CHAUVENET qui le fait placer comme clerc de notaire chez maitre CASSIN, nous décidons de le faire émettre du service radiologie de l’hôpital. Il sera inscrit sur les registres comme recevant des soins pour justifier ses allées et venues. La feuille du registre sera enlevée au moment de son arrestation. L’antenne qui est intérieure est installée le soir même, elle est tendue du laboratoire de développement à la salle d’attente du docteur CHAUVENET, et traverse 2 cloisons. Les isolateurs qui sont trop caractéristiques sont remplacés par du chatterton. La descente d’antenne traverse encore une cloison et le poste est dans mon bureau, la prise de terre est constituée par le chauffage central.

                                       Une émission est faite le soir même et est considérée par Londres comme parfaite…

Les émissions se poursuivent pendant 15 jours avec un minimum de 4heures par jour, dans ces conditions, il y a toujours quelqu’un en surveillance pendant celles-ci…

Pendant ces quinze jours, nous recevons la visite de RENAULT (REMY)  et de La DEBUTERIE qui viennent loger à l’hôtel du Cheval Blanc ou LHERMITTE a sa chambre.

Au bout de ce temps et devant les trop nombreuses allées et venues des agents de liaison qui commencent à être remarquées, le docteur CHAUVENET décide d’emmener LHERMITTE  chez CHUDREAU à Auboué commune de Maulais ou il continuera ses émissions… » 

                                                         André Colas et le général De Gaulle