Conservatoire de la Résistance
et de la Déportation des Deux-Sèvres  
 

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

                                    André Chauvenet, l'un des tous premiers résistants


                                               ANDRE CHAUVENET

  


André Chauvenet est né à Bompas en pays Catalan le 17 janvier 1900 il est le fils de Joseph Chauvenet et d’Antoinette Duclos. A l’école, il apprend vite, il dort peu, il passe son bac à quinze ans et demi, il se fiance à 16 ans, se marie en 1919 avec Jeanne Longueville. De cette union naîtra une fille Jacqueline. Il passe sa thèse de médecine sur le traitement chirurgical du cancer de l’estomac. En 1925, il est recruté par le Dr Verrier de Thouars qui veut ouvrir un service chirurgical à l’hôpital. Le succès est immédiat, il possède une grande dextérité chirurgicale. En 1928 il envisage de s’associer avec le Dr Bouchet, l’affaire n’aboutit pas mais une solide amitié débute entre les deux hommes.

André Chauvenet travaille beaucoup, publie de nombreuses études professionnelles. On dit de lui «qu’il a un sale caractère, mais il est aimé de tous, il ne fait pas payer les pauvres » il mange très peu, ne boit pas d’alcool mais il fume énormément. L’homme est passionné de voitures, il collectionne les Bugatti.

En 1936 il pense s’engager dans les brigades internationales pendant la guerre d’Espagne mais un événement bouleverse sa vie : la mort de sa fille décédée d’une méningite.

Quant arrive la guerre, il est mobilisé dans le corps médical et il soigne les blessés dont certains qu’il doit amputer, il aura alors cette formule : « Lorsque la guerre a cessé d’être drôle, le rôle du chirurgien devient dramatique » Il songe un moment à passer en Espagne mais faute de contacts, il revient à Thouars.

Il commence à tisser un réseau, le premier contact avec Londres viendra par le colonel Rémy et la famille la Débuterie. Avec Gabriel Richetta, le Dr Colas et le Dr Bouchet, ils échangent de précieuses informations.

Il est arrêté une première fois le 25 juillet 1941, emmené à Bordeaux et interrogé par le commissaire Poinsot. Il nie tout en bloc car il sait que le professeur Jean Auriac s’est suicidé pour ne pas parler. Il est relâché mais la police le surveille.

 Il est de nouveau arrêté le 21 janvier 1942 et conduit à la prison de Niort puis Fresnes avant d’être déporté en Allemagne ou il va être enfermé en forteresse, dans les camps nazis les plus durs pendant 35 mois.

Sa déportation il la racontera dans un livre : «  Une expérience de l’esclavage »

Il est libéré en avril 1945, à bout de force, il a été miraculeusement tiré, agonisant, d’un tas de cadavres. Il est ramené en France par son ami, le docteur Bouchet et passera une année dans un sanatorium en Suisse.

Veuf en 1954, il se remarie et deux filles naîtront de ce second mariage, durant l’été 1955, il quitte Thouars pour rejoindre une équipe chirurgicale à Bordeaux. En 1962, il s’installe à Draguignan, ville ou il prendra sa retraite en 1970.

        André Chauvenet fut l’un des tout premiers résistants de France, il est décédé à Marseille le 2 avril  1981                                                                            



                            LE RESEAU DE RENSEIGNEMENTS CONFRERIE NOTRE-DAME

 

                Au début de l'été 1940, Gilbert Renault (pseudonyme Raymond, Rémy, Roulier) rejoint Londres et propose au chef des services secrets de la France libre de profiter de ses relations amicales avec le consul de France à Madrid, Jacques Pigeonneau, pour créer une filière de renseignement. Le BCRA (France libre) et l'Intelligence Service (britannique) lui confient la mission de créer un vaste réseau de renseignements s'étendant sur toute la façade atlantique.

 Fin août 1940, Gilbert Renault regagne la France en passant par l'Espagne.

                A l'automne 1940, il crée plusieurs pôles de renseignements dans la région de Bordeaux et en Bretagne en attendant de recevoir les deux premiers postes émetteurs-récepteurs de la France libre envoyés en France : Cyrano et Roméo. Roméo sera acheminé en janvier 1941 et Cyrano à la mi-mars 1941. Détériorés à leur arrivée, l'un et l'autre subiront des réparations avant de pouvoir être opérationnel. Le réseau Confrérie Notre-Dame, à la fin de l'année 1941, dispose de 6 postes émetteurs-récepteurs sur les 12 que compte la France libre.


       Dès le printemps 1941, Thouars est une plaque tournante du réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame.



Le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame établit la première liaison radio clandestine avec Londres le 17 mars 1941 grâce au poste émetteur-récepteur Roméo placé en zone non occupée..

Cyrano et son technicien radio Bernard Anquetil alias Lhermitte émettent à partir de début mai 1941 depuis Thouars (zone occupée) puis Saumur (zone occupée). Jusqu'à son arrestation à Saumur en juillet 1941, Bernard Anquetil est le principal opérateur radio du réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame.


Les liaisons radio clandestines établies par Bernard Anquetil et Cyrano :


Grâce à l’action du consul de France à Madrid, Gilbert Renault introduit en France occupée via l'Espagne l’un des tout premiers postes-émetteurs baptisé Cyrano . Au printemps 1941, après avoir subi les réparations nécessaires à son bon fonctionnement, il est acheminé jusqu'à Thouars avec le technicien radio Bernard Anquetil alias Lhermitte.

A Thouars, un groupe autonome créé par André Chauvenet (chirurgien à l'hôpital de Thouars) et Gabriel Richetta (percepteur à Thouars) a rejoint le réseau de renseignements Confrérie Notre-Dame dès l'hiver 1941. C'est avec cette équipe que Gilbert Renault organise l'acheminement de Cyrano et de son technicien radio. Depuis le château d'Auboué (10 km de Thouars) puis de l'hôpital de Thouars, Bernard Anquetil établit les premières liaisons radios clandestines avec Londres dès le début mai 1941. De précieux renseignements sont transmis à Londres qui permettent aux Alliés de couler le cuirassé Bismarck dans l’Atlantique et d’immobiliser le Scharnhorst en rade de Brest. Face au danger de repérage par le système de goniométrie ennemi, il est déplacé en début d'été 1941 à Saumur (35 km de Thouars) où il poursuit ses émissions. Repéré, il est arrêté fin juillet 1941. Condamné à mort par un tribunal militaire allemand, il est fusillé au Mont Valérien le 24 octobre 1941. Le général de Gaulle l'élève au rang de Compagnon de la Libération. 

L'équipe de Thouars – par l'action d'André Chauvenet – étend sa zone d'actions en Anjou, Touraine et Bordelais pour accroître le recueil de renseignements stratégiques.


                                       Les opérations aériennes en Thouarsais :  

D’août à octobre 1941, le groupe thouarsais, sous la coordination d’André Chauvenet et André Colas, organise sur la commune de Tourtenay (10 km de Thouars) sur le terrain homologué « Nick Pernod », la réception de 3 parachutages de matériels de transmission (postes-émetteurs) pour le compte du réseau de renseignement Confrérie Notre-Dame et, en novembre 1941 la réception de l’opérateur radio Robert Delattre, alias « Bob » qui succède à Anquetil.

 Dans la nuit du 26 au 27 mars 1942, l'équipe thouarsaise organise la liaison aérienne clandestine acheminant Gilbert Renault en France et exfiltrant vers Londres André Faure (adjoint de Rémy) et Christian Pineau (un des fondateurs du mouvement de résistance français Libération-Nord). Le Lysander, piloté par Guy Lockard, se pose sans encombre sur le terrain situé à la Motte-Bourbon homologué « Roi de coeur » (20 km de Thouars).

                                  La répression s'abat sur le groupe thouarsais :

A partir de janvier 1942, la répression s’abat sur le groupe. Arrêté le 21 janvier 1942, André Chauvenet, alias « Douillard » est interné à la prison de Fresnes puis dans les forteresses allemandes  d'Hinzert, Wittlicg, Trêves, Tegel-Berlin, Bautzen, Dresde, Radeberg avant d’être déporté à Buchenwald et rapatrié en avril 1945. André Colas, alias « Nick », arrêté le 21 janvier 1942, interné à Fresnes, est libéré en juin 1942. Gabriel Richetta et Raymond Chessé, arrêtés respectivement le 7 et 11 mars 1942, condamnés à mort et internés à la prison allemande de Karlsruhe puis de Rheinbach, sont exécutés le 2 septembre 1942 à Cologne. Maurice Bonneau, arrêté à la mi-février 1942, périt le 13 juin 1944 à la prison de Sonnenburg. Mis en sommeil sur le territoire thouarsais, le réseau se reconstitue à la fin de l’année 1942

L'un des premiers postes émetteurs parachutés en France         un lysander à Thouars